lundi 11 novembre 2013

Passage à la couleur et découverte du Beirette SL-100

Ca y est je l'ai fait: je suis enfin passé à la couleur! 

J'ai acheté de quoi développer la couleur! (Pour 12 à 16 pellicules, le pack coûte le prix de 3-4 développements, c'est vite rentabilisé, c'est très rapide (12min!) et ça fait vraiment plaisir!)

Question pellicules, j'ai des pellicules couleur périmées (de la dernière fois qu'on a utilisé un appareil argentique dans cette maison c'est dire...) et deux neuves. J'ai pris une Fuji Color 200 (oui ça n'existe plus depuis un moment ...)

Prendre une pellicule couleur périmée c'est prendre le risque d'avoir des négatifs avec des dominantes de couleur importantes (et se retrouver avec une photo toute rouge par exemple...) mais j'ai eu un négatif bien équilibré et de toute façon, le scanner équilibre automatiquement les négatifs. (Magique non?)

Le tirage papier couleur c'est une autre paires de manches que j'essayerai plus tard (c'est un procédé un peu aléatoire où il faut avancer à tâtons et en pratique il parait que c'est galère.)

Mais trêve de bavardages! Voici un article sur le Beirette SL 100 illustré de photos noir et blanches mais aussi en couleur!




On replonge toujours dans la même époque avec moi: les années 1970 et cette fois on retourne à un endroit où on finit souvent sur ce blog: la République Démocratique Allemande; l'Allemagne de l'Est).


Je suis trop fier de cette photo faite sans retouches. ^^
Celle là un peu moins avec l'entrée de lumière...

Une entreprise dénommée Freital (anciennement Pouva) lance une série d'appareils-photo dès les années 1950: les Beirette. (Le Beirette SL 100 existe avec les contours blancs et sous le nom de Pouva.)



A partir de 1972, Freital sort une série spéciale: les Beirette SL (qui fonctionnent en cartouches SL).

Ils nous pondent donc rapidement le 100, 200, 300 et le 400electric. Le premier (celui-là) étant le moins cher et le 400 étant le plus haut de gamme. (Même technique que pour les Agfamatics!)

Un bouquin d'époque (SL-System de Günter Büttner) me donne pour 1978:

19,50mark le Beirette SL-100 (soit 39€)
5,50M sa sacoche (11€)

54M le Beirette SL-200 (Soit 108€)
14M le sac (28€)

65M le Beirette SL-300 (soit 130€)
14M le sac (28€)

185M le Beirette SL-400 electric (soit 370€)
14M le sac (28€)

39€ faut pas nous prendre pour des moutons!
(Ici sur le Puy de Sancy: la plus haute montagne du Puy-de-Dôme [1887m je crois])
Et pour ceux qui se demandent, les lettres sur les moutons c'est pour la taille des pulls.

Sinon elle n'est pas belle mais j'ai perdu le fichier...
C'est dire la différence de niveau du 100 au 400. Ce sont les deux que j'ai et effectivement on part de loin et on va loin.

Le Beirette SL 100 c'est un appareil en cartouches SL qui donne 12 photos en 24x36 (donc comme on en a l'habitude) par pellicules.

Les réglages sont limités:
_Pose B (L'objectif est ouvert tant qu'on appuie sur le déclencheur.)
_Nuage/Flash (1/30ème de seconde)
_Soleil (1/125ème)

L'ouverture est fixe de f/11.
Il est donc adapté a une pellicule 100/21° ISO.


Pas besoin d'une résolution importante pour un paysage végétal déjà diffus;


La mise au point se fait en tournant l'objectif, on a le choix entre trois plages de distances:
_1m à 3m
_3m à 8m
_8m à l'infini
C'est plus pratique que de devoir déterminer au pif si on est à 1m20 ou 1m50 comme sur le Smena 8M.
Et pourtant, même réglé sur 8m-infini, le Puy de Sancy qui est quand même à plus de 8m de moi est tout aussi net que mon cousin (qui sert de manche-à-air) qui est tout au plus à 3m. Mais faut faire la mise au point quand même, en testant avec du papier calque on voit ce qu'est vraiment un flou de Bokeh.

L'objectif est un Chromar de 52mm composé de deux lentilles. Mais plus exactement c'est une "horreur". Je pense qu'il s'agit de l'objectif avec le moins de piqué au monde (le plus flou). A l'époque c'était pas un entrée de gamme, c'était un bas de gamme Est-Allemand (c'est dire) et pourtant c'était destiné à un public qui tirait ses photos en 7x12cm, un peu plus qu'une carte de crédit. (De nos jours ça ne doit même plus exister si petit.) Parce que la résolution est si mauvaise que si on agrandit plus on ne voit plus rien! Après ça peut être un style sympa qu'on recherche mais pour le coup c'est quand même très grossier. Et du coup je limite la taille de certaines photos ici. (Surtout en noir et blanc!)



Sinon il est quand même bien drôle: sa face en inox, sa barrette à coulisser à l'arrière qui pousse le compte-vue en... papier! (C'est du bas de gamme de la technologie est-allemande des années 1970, ils font pas semblant!) Il est tout en plastique et du coup il peut mal finir facilement mais il est très léger.


Une photo en macro pour bien voir le détail de la chose et vous le prouver: du papier.
C'est même pas collé comme il faut...
Mais on peut faire des poses longues, on peut le fixer sur un trépied et il peut recevoir un déclencheur souple.


Ouais elle n'est pas censée être carrée, mais la partie gauche servait à rien et j'ai eu une entrée de lumière (les cartouches SL sont vielles et le velours de certaines n'est plus tellement étanche à la lumière...)

C'est une pose au pif, j'ai estimé 2 min vu que mon posemètre (une appli de téléphone bien pratique) ne voyait rien.

Après il faut savoir qu'une pellicule couleur c'est assez souple et un écart d'exposition est vite accepté.
Moi je m'obstine un peu avec cet appareil parce que je l'aime bien, son allure, son utilisation, son compteur en papier etc...

A mon humble avis, il a été destiné aux gens qui faisait de la photo de manière économique: on ne pouvait pas faire moins cher, et la qualité donnait des images acceptables pour de petits tirages ou plutôt (à mon avis), en utilisant de la diapo. Car un moyen peu encombrant et peu cher de faire des photos et en couleur en plus, c'était de prendre des diapos et de les mettre dans une visionneuse avec une sorte de grosse loupe. La qualité doit être acceptable pour cet usage.


Ca pour les plus modernes...
... ça pour les moins riches...
... et ça pour moi.
Sinon il peut tout de même recevoir un flash additionnel et ça aussi c'est quand même un énorme avantage! (En même temps l'Est préférait les flashs réutilisables comme aujourd'hui et l'Ouest les consommables qu'on ne trouve plus... dommage.) 

Au flash on obtient un super vignettage! Mais ici la photo est presque carrée et elle ne vignette que d'un côté parce que j'ai fait le plus mauvais cadrage du monde.


Elle est pas belle ma chambre?
Parlons-en d'ailleurs du cadrage! 
Ben c'est par un trou dans l'appareil, sans même d'effet grossissant ou autre qu'il faut cadrer. Juste un trou où s'accumulent les cochonneries. Du coup le cadrage doit se faire vraiment au pif!


A l'intérieur c'est toujours pareil: flash. En tout cas elle est plus piquée que le reste celle là.

D'un point de vue sensibilité j'ai dit qu'il été prévu pour du 100/21° ISO, mais souvent ce que je remarque avec ces vieux machins mécaniques c'est que plus l'optique est mauvaise et plus il faut sur-exposer. Donc prendre une 200/24° ISO ou une 400/27° ISO (là s'il fait moche quand même!) c'est pas dramatique. Les pelloches couleurs sont souvent des 200 ISO, celle que j'ai utilisée est dans ce cas là. Et avoir de bonnes plages de couleur bien ancrées aident vachement mieux à discerner une image de qualité médiocre. Bon la mienne est périmée depuis longtemps, mal conservée etc... sa sensibilité aurait peut-être pu baisser mais je ne pense pas. Puis le soleil n'était pas fort. Les négatifs sont nickels à l’œil.



Donc en conclusion, on peut faire beaucoup avec cet appareil (poses normales,poses longues, flash) mais en pas très gros! (Le 10x15 c'est vraiment trop gros pour les négatifs que ça donne!) Mais pour en apprécier l'aspect des images je pense qu'il vaut mieux l'utiliser en couleur et pas pour des choses pointilleuses comme un visage ou des fleurs...


A quoi peut servir un para-soleil la nuit? A éviter tout ça.


Allez, brève histoire de fin d'article, cet appareil est un hybride en fait. Cet été je l'ai acheté au marché aux puces du Mauerpark de Berlin pour 10€ (Rah ils sont durs en affaires ces turcs!). Mais il marchait mal et j'ai essayé de la réparer mais une pièce en plastique est morte. Extrêmement dégoûté de cet appareil dont j'était tombé amoureux j'en ai acheté un autre sur le net pour lui voler sa face avec son objectif et le mettre sur le mien. Je réalise donc à l'instant que cet appareil m'a coûté environ son prix d'origine... (39€ pour ceux qui veulent pas remonter.) Le corps du second et la face de mon original son dans mon cimetière d'appareils.
Mais la chose que j'ai beaucoup aimé c'est d'avoir trouvé une cartouche avec un film utilisé dedans! Une Orwo NP 20, un film noir et blanc de 80/20°ISO donc. Il datait d'avant la chute du mur et je me suis empressé de développer mais rien d'intéressant: des pieds flous, un haut de monument flou, puis le bas. Fin. Dommage. :)

mardi 29 octobre 2013

Agfamatic 200 Sensor

Aujourd'hui je ressors des archives, celles faites par un appareil allemand (bloc Ouest) qui s'est très bien implanté en France: l'Agfamatic Sensor 200.




Histoire de l'engin:
En 1962, Kodak cherche comment avoir le monopole de la photo et pense qu'en trouvant quelque chose de plus facile d'utilisation qu'une pellicule 135 il va y arriver.
Kodak nous pond le format 126: une cartouche unique où le film est enroulé avec un papier opaque au dos où on pourra voir le numéro de la vue. Il avance et s'enroule dans une compartiment de la cartouche et quand on a fini, on enlève la cartouche et on l'envoie développer. (Donc pas d'amorces, de rembobinage etc: on pose la cartouche, on shoot, on reprend.) 




Et pour cela Kodak vise le grand public avec des appareils bon marchés de qualité limite: les Instamatics sont nés.
Agfa est Allemand, même d'origine incertaine suite à la partition de l'Allemagne. Ils ont essayé de détrôner le 135 avec les cartouche "Rapid" ou "SL" à l'Est mais ça n'a pas marché et là, ils comprennent que le truc de Kodak ça marche bien, et même depuis 10 ans. Alors Agfa se lance dans le format 126. Ils produisent des pellicules et surtout en 1972 ils nous pondent les Agfamatics. Dommage, en 1972 Kodak lance le format 110: la même chose en deux fois plus petit.




Simultanément sortent le 50, le 100, le 200 et le 300 dans des coffrets avec des magic-cubes (flashs à usage unique), une pellicule couleur et une sacoche plastique. Le 50 est le plus basique avec une seule vitesse et le 300 est le "haut de gamme" avec le choix des vitesses automatique grâce à un posemètre intégré. Mais on peut dire qu'ils sont quand même de très bonne facture avec pas mal de pièces métalliques.


L'appareil, la chaînette, un flash-cube et une pellicule 126 Agfacolor.

Du coup beaucoup de monde s'est vu offrir un de ces coffrets à Noël et moi je m'en suis trouvé un à 10 euros dans une brocante en 2013.

En 1973, Agfa suit encore Kodak et se lance dans le 110 avec ses Agfamatic Sensor 1000 et 2000.

D'un point de vue technique que peut-on dire?

Il a 4 vitesses symbolisées par des images donc seule la luminosité est à régler.





La mise au point est fixe: le sujet est net de 1,20m à l'infini. Officiellement. Bon j'ai essayé que deux pellicules qui ont fini développées dans des soupes dégueu, mais la plupart me montrent que si le sujet est à moins de 2m, il est flou.
Voilà une photo prise à plus d'1m20 c'est clair, avec un flashcube. Plusieurs choses: la photo est superposée a une autre à droite, oui c'était ma deuxième cartouche 126 rechargée, ça arrive. Et la photo n'est pas carrée comme prévue. Alors non, parce que quand on scanne avec les perforations visible ça marche mal (comme le négatif polaroid déchiré sur l'article sur le Polaroid 330!) et du coup je me sert de cet appareil comme un appareil 24x28mm (c'est unique!). 





Quand l'ampoule grille, le verre fond.
On peut y mettre des flashs, mais que des magic-cubes X! (Qui n'existent plus mais on en trouve souvent en brocantes.) Heureusement j'en ai eu avec mon coffret, j'ai essayé, ça marche encore. Sous l'objectif, il faut choisir la distance du sujet par rapport au flash: de 1m à 3,5m, c'est le choix de la vitesse calculée selon la puissance des cubes. Quand un cube à explosé (ouais faut dire ce qu'il est...) une trame rouge apparaît dans l'objectif pour nous signaler que cette ampoule est grillée.



Toute neuve on dirait que je viens de l'acheter!


Le format 126 c'est beau, ça donne des photos carrées, ce qu'il l'est moins c'est que ça c'est fini. On peut recharger une cartouche 126 avec du film 35mm (J'expliquerai comment faire), mais du coup: les perforations sont sur l'image. Donc soit on fait un carré de 28x28mm avec les perforations, soit on recadre l'image comme si on avait un négatif de 24x28 (Attention à la prise de vue, les perforations seront sur le haut de la photo!)


Ma seule autre photo au flashcube: il faut bien juger la distance au sujet (bon ici c'était débile de ma part mais je me suis dit qu'en mettant le maximum on verrait mieux la scène... Gné!) Mais ça marche bien, même si le brouillard rajoute l'idée que l'image est mal foutue en plus des plaques lumineuses et du reste très sombre. Tiens c'est bientôt Halloween! Et les tâches? Euh ben mon film a morflé, j'ai des trous mais surtout des trucs collés dessus au développement (mon produit était mal entretenu.)
Sinon on a une petite sacoche tout plastique, pas forcément très pratique (à l'origine la longueur de la lanière fait qu'elle arrive plutôt au niveau des genoux). Elle se déclipse derrière et vu que c'est du plastique tordu, parfois le couvercle devant remonte et vous photographiez votre sacoche sans le voir dans l'oeilleton. (Bon ça m'est arrivé une fois!)





Après il n'y a rien à dire: il est super agréable! Taille parfaite pour les mains, pas trop lourd ni trop léger, une finition en aluminium qui claque, le bouton orange (marque de fabrique des Sensors d'Agfa), et surtout: le levier pour avancer la pellicule qui est super jouissif surtout couplé à l'avance du papier à travers la fenêtre en plastique. On dirait pas mais c'est juste quelque chose de magique à faire au moins une fois dans sa vie! (Même si ces pellicules n'existent plus!)


Le 27 avril 2013: il neigeait en Auvergne pour le plus grand bonheur de mes chiens et de moi-même. Bon ici la photo est bel et bien acceptable. Je l'ai tirée sur papier avec les perforations visibles, elle rend très bien également.

Sinon on peut les mettre sur un trépied ce qui ne sert à rien vu qu'on a qu'une vitesse, et on peut mettre une chaînette qui se tient au poignet plutôt que de se taper la sacoche. (Oui je meuble un peu cet article qui a beaucoup d'images.)


Honnêtement je l'aime bien cette photo pour dire en plus que les conditions étaient loin d'être bonnes et qu'il y a un trou au milieu. On a une résolution satisfaisante tout en restant assez brut de pomme, assez vieillot (Ouais le noir et blanc y joue un rôle aussi...)
Bon le chien a bougé mais c'est un risque à prendre (en même temps il neigeait et je suis pas sûr qu'il reste bien plus longtemps dedans alors fallait bien déclencher.) D'ailleurs je remarque pour la première fois qu'on voit les flocons...


Tout de suite il fait plus chaud (pourtant c'était une semaine avant les autres), la teinte de gris y est pour quelque chose, c'est un scan d'un triage papier sur papier Ilford Multigrade IV pour ceux que ça intéresse. Pour vous rappeler que quand vous visez, les trous sont en haut et pas en bas (j'ai monté le cadrage exprès pour pas couper les pieds...) Sinon, les conditions étaient idéales et la photo est bonne malgré le chat qui est venu mettre du flou au dernier moment...


Ca donne envie des belles photos couleur carrées comme ça! En tout cas j'ai envie de l'encadrer cette publicité.

dimanche 27 octobre 2013

Comment développer ses pellicules noir-et-blanc?

Et si je faisais enfin ce que je promet depuis longtemps et que je vous expliquais des choses utiles? Le développement des pellicules noir et blanches, par exemple, un traitement maison simple et rapide (il me faut environ 15 min).

Attention à ne pas confondre développement et tirage, le développement sert à obtenir ses négatifs, le tirage et la mise sur papier de l'image du négatif. (De nos jours on peut se passer du tirage en scannant et en imprimant comme pour les photos numériques mais c'est pas drôle.)
C'est plus joli une fois développé quand même.

Ici je vais vous expliquer comment on passe de sa pellicules toute grise/violette sans rien, à un beau négatif transparent avec ses images en nuances de gris.

Avant toute choses, comment ça se passe?

Le développement noir et blanc est le plus simple, le plus accessible, le plus économique et surtout le plus souple (les meilleurs savent comment faire varier les contrastes, le grain et composent leur révélateur avec des produits chimiques au noms barbares chez eux. Les gens de niveau plus modeste peuvent "pousser" leur pellicule et sur-développer le négatif, bref j'y reviendrai.)

Il se passe en trois bains chimiques et c'est le même pour tout les formats (du minox au plan-film en passant par le 135 et le 120.)

¤Révélation de l'image: les sels d'argents qui on été oxydés par la lumière deviennent des cristaux d'argent noirs.
¤Rinçage
¤Fixation, qui permet au film d'être désensibilisé à la lumière.

En matériel il vous faut:
_Une montre, un chronomètre, qqchose pour mesurer le temps!
_Des petites bouteilles (moi j'ai des bouteilles de 1/2L de lait toutes propres) pour mettre vos produits réutilisables.
_Un décapsuleur (pour ouvrir la pellicule si c'est une 135.)
_Un thermomètre (en général il faut des produits à 20°C)
_Une cuve étanche à la lumière (on trouve très souvent les Paterson qui sont biens.)
_Une ou plusieurs éprouvettes graduées
_De l'eau
_Du vinaigre d'alcool
_Des gants ou des torchons parce que c'est mal de se mettre des produits chimiques partout.

En produit chimiques vous devrez investir dans:
_Un révélateur (en bouteille ou en sachet à diluer)
_Un fixateur (en bouteille ou en sachet aussi.)
A trouver sur des sites fiables comme digitphoto, caddyphoto, fotoimpex etc...

Pour les riches: un bain de rinçage et un bain mouillant, voir même une cartouche de gaz pour la conservation! (Pour conserver vos produits ils doivent éviter l'air qui oxyde et la chaleur qui accélère le processus, du coup il faut remplir ses petites bouteilles à ras bord et les mettre au frigo (et bien enlever les étiquettes!)) Perso je conserve tout au frigo: pelloches, papier, produits etc... et ça suffit.

Allez on commence!

PREMIERE ETAPE: MISE EN CUVE

Et oui il faut que vous sortiez votre film de sa cartouche et que vous l'embobiniez dans une spire autochargeante (le truc blanc) qui est avec la cuve. 




Pour cela: NOIR COMPLET!
On ne voit rien alors il faut bien disposer ses outils avant. Si vous développez du 120, il ne vous faut que votre cuve avec sa spire et votre pellicule. Si vous avez une pellicule 135 toute belle achetée, il faut que vous vous armiez un décapsuleur pour ouvrir la cartouche par le dessus. 

Vous avez accès à votre film, il faut l'enrouler dans votre spire qui en général a 3 hauteurs différentes: 
_120/220/620
_127
_135/126
C'est marqué sous la cuve avec la quantité de produit à mettre selon le film.
Avec les quantités de produit à mettre correspondantes.

Prenez votre film et votre spire dans l'autre main où vous mettez vos deux doigts sur les deux plus gros crochets qui doivent êtres face à face: c'est ici que vous pouvez insérer le film sur quelques centimètres. Puis vous chargez le reste du film en faisant des va-et-viens circulaires jusqu'à ce que tout le film soit rentré. 
Vous mettez ça dans la cuve étanche à la lumière (que vous fermez!) et vous pouvez rallumer: le plus dur est fait!




DEUXIEME ETAPE: REVELATION DE L'IMAGE

Souvent on conseille de remplir la cuve d'eau et de la vider avant de commencer les bains chimiques. (surtout en 120) C'est pour enlever une couche anti-halo et pour ne pas polluer le reste des solutions même s'il paraît que ça ne change rien. (C'est très drôle, on met l'eau, on la sort immédiatement après et elle est verte fluo ou bleue!)

Là vous êtes prêt et il faut votre bouteille de révélateur à la bonne température (20°C en général)

Des révélateurs il y en a plein (D-76, ID-11, A-49, Rodinal et j'en passe), beaucoup sont identiques, les prix varient beaucoup aussi. On peut aussi le fabriquer soi-même pour les perfectionnistes.)

Vous en prenez un et vous cherchez sur la notice ou sur le net combien de temps vous devez laisser agir pour votre pellicule. (Le temps dépend de la marque des deux, de leur composition et surtout de la sensibilité de la pellicule, plus elle est sensible, plus ça va être long.)

Il est conseillé d'utiliser son révélateur dilué et non pur (pur = "stock"), cela varie d'un révélo à l'autre ça va du 1+1 (une dose de révélateur et la même quantité d'eau) jusqu'à 1+1000.
Les temps de traitements sur le produit sont donnés pour une utilisation stock, il faut les multiplier par un coefficient selon la dilution.

Par exemple j'utilise de l'Atomal-49 (qui est surement le plus économe) que je dilue en 1+1. J'utilise des pellicules Fomapan 100.
Je me reporte sur leur tableau et je vois: 6-8 min en stock à 20°C. Derrière il est marqué qu'en 1+1 je dois augmenter le temps de par un facteur 1,4.
Mon produit est neuf, passé dans un bon appareil qui donne de bonnes images, je prends 6min que je multiplie par 1,4: (6 x 1,4 = 8,4min = 8min24sec).

Pousser une pellicule?

Si je veux je peux pousser ma pellicule: ça veut dire qu'on sur développe une pellicule qui n'est pas assez exposée. Je peux utiliser une 100ISO à 200ISO ou même 400ISO selon les modèle, idem je peux sur-exposer le négatif et m'en servir comme une pelloche 50ISO. Il faut rajouter 15% de temps de développement à chaque fois qu'on double la sensibilité qu'on veut. (et inversement)

Je veux faire de ma Fomapan 100 une 400ISO (toutes les pellicules ne permettent pas de pousser jusqu'à 4fois l'exposition indiquée sur le négatif), je l'utilise comme tel et je développe 8min 24 + 15% (8min et 24 sec c'est 8,4min donc 8,4 x 1,15 = 9,66min= 9min40sec pour 200 ISO), je rajoute 15% pour aller à 400: 9,66minx1,15 = 11,11min= 11min et 7sec.)
Plus rapidement je tape sur ma calculette le temps de base (en fraction de 100 pas en seconde: 1min 30 sec = 1,5min!) et je multiplie par (1,15) autant de fois que je double la sensibilité. (Pour la diminuer je multiplie par 0,85.)

En d'autre termes je multiplie par (1.15)^n (n le nombre de sous-expositions) ou par (0,85)^n' (n' le nombre de sur-expositions).


Voilà une Fomapan 100 en forêt par temps sombre avec mon Agfa Iso Rapid. (Même si moi je suis le type entrain d'enlever une toile d'araignée de sa tête derrière le pin...) Il me fallait du 400 ISO pour le coup et comme la notice dit qu'on peut exposer de 50 à 400 sans changer le temps de développement j'ai fait comme tel. Evidemment le négatif n'est pas beau et en fait ils voulaient dire qu'on obtient quand même quelque chose d'exploitable. Vaut mieux pousser un peu plus avec la méthode au dessus.
Je met mon produit dans la cuve en actionnant le chronomètre en même temps. Je ferme de manière étanche (ma cuve a un couvercle souple alors j'appuie bien dessus pour chasser l'air) et je retourne ma cuve plusieurs fois pendant 10 secondes, je la repose en la tapant deux trois fois sur la table pour chasser les bulles d'air qui empêcherai le développement de se poursuivre de manière homogène, et je recommence toutes les 30 secondes ou toutes les minutes (chacun sa sauce). Et on ne secoue pas pour faire un milk-shake, non on retourne doucement 5-6 fois la cuve en 10 secondes et on la repose en tapotant.

Une fois fini, on vide le produit et vite: étape 3!

TROISIEME ETAPE: LE RINCAGE
Pour bien stopper l'action du révélateur, on rince le film en mettant un bain d'arrêt pendant une 30aine de secondes. Un bain d'arrêt est une solution légèrement acide (2%) et ça coûte cher pour rien alors qu'il suffit de diluer à 1+3 du vinaigre d'alcool à 8% qui coûte 40 centimes le litre dans tout les supermarchés et sert aussi pour le ménage et les cornichons.
Après ce temps on vide la cuve et on passe à l'étape 4.

QUATRIEME ETAPE: LA FIXATION
Fixer est un terme utilisé dans pas mal de domaines (photo, biologie, chimie etc...), ça consiste à conserver quelque chose dans l'état où il est de manière permanente.
Pour cela on utilise un fixateur! (Original non?)
Pour nos négatifs c'est pas le formol qui conserve les bébés dauphins dans les bocaux au musée.
Chaque marque a le sien et tous sont bons. Personnellement j'ai encore du Rapid-Fixer d'Ilford qui me sert de fixateur pour mes négatifs et mes photos papier.

Il faut suivre la notice (donc sur le mien je dois diluer à 1+9, j'en fait une bouteille d'1/2L (donc 50mL de produit pour 450mL d'eau).
Je surveille son état d'usure en notant quelle surface il a fixé et quand je m'approche du maximum je le jette. Alors il est marqué dessus combien de films 135 ou 120 il peut faire ou combien de photos 24x30 etc... bref on convertit tout comme on veut (moi je fixe des papiers de divers tailles, des négatifs de divers tailles et longueur alors je dois carrément convertir en cm²) et on voit combien d'utilisations il nous reste. Un film 135 de 36 vues a la même surface qu'un film 120.

Je respecte le temps qui ne change pas selon la pellicule: 1 à 3 minutes souvent.

CINQUIEME ETAPE: RINCAGE A L'EAU
Oui vous allez pas laisser vous négatifs dans cet état! Vous rincez votre cuve à l'eau claire 2-3 fois pendant une minute le temps que les produits chimiques résiduels sortent du film par osmose. Au dernier rinçage utilisez un bain mouillant qui coûte cher ou alors une goutte de produit vaisselle pour éviter que les poussières se collent au négatif en séchant. Ca marche aussi bien!

SIXIEME ETAPE: SECHAGE
Ouvrez la cuve, sortez votre spire et démontez la en deux. Prenez votre beau négatif qui magiquement contient de belles photos.
Faites-le sécher sur une corde à linge dans un endroit sans trop de poussières si possibles et attendez une heure ou deux.

Voilà! Il n'y a plus qu'à le découper (le 35mm en bandes de 6 vues 24x36 par convention), le 120 en 3 vues 6x6... bref vous verrez selon votre classeur ou selon votre scanner.


C'est lourd un article sans images. Ici c'est pris avec un reflex Pentax (K1000)

Maintenant, vous pouvez jeter votre révélateur (bon si vous avez mis la quantité pour un film 135, c'est prévu pour un 36 vues donc si vous avez fait un film de 12 vues 24x36 vous pouvez le réutiliser deux fois en allongeant un peu le temps du révélo puisqu'il est partiellement utilisé.)
Mais jeter où? Alors le vinaigre d'alcool et l'eau aux égouts mes les produits chimiques dans l'idéal c'est de les mettre dans un bidon et de le vider dans une décharge qui accepte les produits chimiques.

samedi 19 octobre 2013

Autres clichés du Certo SL110

Je n'ai rien testé de plus mais j'ai développé une pellicule du dernier appareil dont certaines sont au maximum de sa capacité. Bref, je n'ai rien à dire si ce n'est que montrer des photos.

Super palette de gris non? Et le piqué est super sur la maison ou le bois, la résolution se limite à la qualité du scanner pour le coup, vu que les négatifs sont tout petits.

J'avais expliqué qu'au flash on avait tendance à isoler le sujet voire, dans certaines conditions, à le faire luire. Ici, le chat le plus étincelant que j'ai eu.

On perd vachement ses repères dans la végétation quand on est en noir et blanc. Heureusement que le chemin, le bout du tunnel de verdure et le champs nous servent de repère.
Comme je me l'étais dit: celle-ci est un désastre total, mais c'est celle là qui m'a fait prendre conscience de la superbe de cet appareil. Il faut dire que ce négatif n'a pas été gâté: le temps le plus sombre que j'ai vu en pleine journée, une pellicule poussée à 200/27° ISO, et des produits de développement en fin de vie totale.

Et pourtant la carrière abandonnée de Gravenoire ne pouvait pas mieux ressortir autrement que sur une photo au style bien vintage comme dirait certain. Et je pense qu'en tirage papier légèrement jauni avec un rebord blanc ondulé, elle doit vraiment claquer! 

Ici on voit bien qu'on a un piqué très acceptable, et même très honorable pour l'appareil en question, et pourtant on se perd vite dans ces feuillages, à tel point qu'on remarque pas directement les tomates.

Même les eaux sales reflètent! Et notons aussi un flagrant vignettage sur le haut.