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mardi 19 novembre 2013

Sauvons les poissons!

Cette semaine je ressors un appareil qui pour une fois est 100% français et pourtant qui n'est pas très commun: le Précidès.

Ah oui j'ai laissé tomber le fond orange pour cet article parce qu'avec le rouge ça charge les yeux à coup de bélier.

C'est une boîte vert-grise dégueulasse (Mais si!) que j'ai eu pour 2 sous au marché au puces. Mais depuis je l'ai nettoyé et surtout j'ai décidé de le repeindre en "Rouge Basque" (Il a plus de gueule là non?)

Cet appareil rudimentaire des années 1950 a été fabriqué par une marque sans aucun rapport avec la choucroute: Maped. Comme les compas et les taille-crayons. A vrai dire ils se vendent comme fabriquant d'objets de précision et le Précidès (de "précis" et "dessin" pour être juste...) n'est donc pas si hors sujet que ça.


Que dire sinon? C'est un "box" qui comme le Kodak Brownie Flash est censé manger des pellicules 620 mais on peut mettre une pellicule 120 dedans tout en gardant un axe 620 sur lequel le film ira s'enrouler. (Quand on tourne la clé pour avancer le film, le branchement ne peux se faire que sur une 620.) Du coup il faut ré-enrouler sur un axe 120 pour le donner à développer ou faire chier le photographe en lui demandant de le rendre, ou développer soi même!)
Voyez l'axe 620! Et remarquez que l'appareil s'ouvre en deux sur le côté grâce à une molette qui se visse dans l'autre partie.

Bon évidemment il faut regarder le chiffre de la photo derrière l'appareil à travers une fenêtre inactinique et on ne peux pas utiliser de pellicule 220.


L'objectif n'en est pas un: c'est un ménisque: une sorte de lentille unique placée comme ça. Inutile de dire que cela ne fleure pas le bon négatif. Mais pour compenser, on joue sur des négatifs de surface importante. C'est un appareil en 6x9 (Donc qui ne donne que 8 photos par pellicule 120.)

Sur la façade on a des choix cornéliens à faire: l'ouverture et la vitesse!



Bon en fait pas tellement, la vitesse est unique de l'ordre du 1/40ème de seconde et l'autre choix est la pose B.



L'ouverture est soit grande (environ f/14) ou petite (environ f/16) et à choisir selon la luminosité (Grand quand il fait plus sombre!). Du coup il n'y a pas de mise au point à faire.

On peut l'utiliser sans problème avec un film de 100 ISO même si je conseille du 200 ISO par temps clair et du 400 par temps nuageux.

Oui la sensibilité c'est mignon mais si la pelloche est périmée depuis plus de 10 ans ça va pas aider à avoir une belle image (tout dépend de ce qu'on veut!) Ici une Kodak Gold 200 avec une pose de B de 15 secondes. 

Il s'ouvre sur le côté, a des bords en fer tranchant et se ferme parfois mal laissant passer la lumière (ce qui abime bien les images.)

Comme ça...


On ne peux pas le fixer à un trépied, et donc comme le Kodak Brownie Flash: c'est galère! Faire une pose B en posant l'appareil sur un trépied où il n'est pas fixé, et appuyer sur le déclencheur et tenir l'appareil une quinzaine de secondes sans bouger d'un pouce c'est mission impossible! Même en se posant sur un mur c'est pas top. C'est dommage parce que les images qu'il donne ne sont pas si mauvaises au final et que déjà que sont utilisation est limitée, il nous restreint encore plus.

Pose d'environ 15 secondes, donc entre temps le cheval a bougé la tête... Par contre elle est sombre parce qu'avec le temps les pelloches mal conservées perdent en sensibilité.
Le viseur est tout bonnement inutile: il est riveté ce qui ne laisse aucune occasion de l'ouvrir pour le nettoyer, il est minuscule comme c'est pas permis et quand on regarde dedans, déjà ce n'est pas du tout fidèle à la photo qui sera prise et de plus, on ne voit que la moitié puisque le côté de l'appareil bloque la vue et de toute façon c'est trop sale pour voir quelque chose.

Du coup faut recadrer parfois!
Sinon il a un sac. (Alors là pour vous en dégoter un!) Un truc tout en plastique pas très agréable ni très pratique en soi, même assez fragile, mais bon c'est toujours ça a prendre quand on doit se déplacer avec cette boîte qui n'est pas très grosse pour un box d'ailleurs!



Sans les entrées de lumières certaines photos seraient vraiment bien! Mais au final ça leur donne un charme particulier... Même si cet appareil ne donne pas ça quand on le referme bien comme il faut évidemment!
En conclusion on a pas grand chose à dire: c'est un appareil dédié aux enfants et aux débutants, il est donc simple au possible mais du coup son utilisation est limité selon la luminosité: pas de flash possible, une vitesse ou la pose B très houleuse, mais deux ouvertures simplifiées. Les négatifs sont grands et permettent d'avoir de images correctes. Il faut le tenir par le dessus et souvent le mettre sur le côté puisque le format 6x9 est très long et se prête bien aux paysages.


A part ça il reste très agréable d'utilisation, très sympa et convient tout à fait à une sortie par temps ensoleillé (100-200 ISO) ou nuageux (400 ISO). L'utilisation d'une pellicule souple sur les sensibilités est quand même recommandé (Il serait un peu difficile de faire de la diapo, ou à la rigueur un développement croisé qui est très souple.)

Rester parfaitement stable est une épreuve qui va révéler votre Parkinson intérieur.

La prochaine fois je mettrai du 35mm dedans pour faire des photos de 35x90, ça peut être sympa! (Comme les négatifs 35x60 dans l'article sur le Lubitel mais en moins longues puisque c'est un 6x6.)




Sinon je tiens à vous présenter une petite histoire trop cool (enfin non pas vraiment...) et super bien faite avec une petite pétition électronique à signer et ça serait bien que l'objectif des 100 000 voies soit dépassé et qu'on fusille les mousquetaires! Pirates! (cf. Les Grand-mères de Tipiak.)
Bref je n'en dit pas plus mais ça vaut vraiment le coup d’œil et ça ouvre les yeux notamment sur une publicité que tout le monde même moi avait à la bonne! Pirates! 


Et sinon je tiens aussi à remercier Eusaebius, modérateur du forum 35mm d'avoir pris mon article sur le développement noir et blanc en exemple sur son blog/site qui lui aussi vaut le coup d’œil!

Et ceux qui sont arrivé à la fin de l'article, je leur conseille d'aller voir les autres articles et de laisser des commentaires par milliers!

samedi 28 septembre 2013

Retours du Brownie Flash

L'article du Brownie Flash est celui qui a le plus de succès sur ce blog! C'est sûr qu'à côté des autres appareils il est de loin le plus connu, mais par contre l'article entier est dépourvu de clichés. Du coup voilà ce qu'on peut avoir avec... enfin vous devriez avoir mieux! Et de loin! (Non je ne me rabaisse pas à tout bout de champs pour rien vous allez vite comprendre..)


Euh cette bande? Ben disons que ma toute première pelloche 120 (Gneu? Pelloche 120? Kezako?)  je l'ai mise début janvier pour la développer en avril et suis a une erreur de manip je n'ai pas mis assez de produit, et même en remuant régulièrement ... ben on développe que la partie toujours immergée. J'ai donc pas eu de photos carrées ici... échec.


Oui alors les pétouilles et les aberrations c'est pas fabuleux mais bon c'était mes premiers scans et c'était pas évident!
Au printemps on est heureux du retour du soleil (surtout cette année après un hiver éternel) et du coup on sort dans les bois verdis en avril et on shoote, mais le noir et blanc c'est mieux quand il y a du contraste et une forêt toute verdoyante devient vite un tas de feuille informe. Si l'appareil est de piètre qualité, il ne faut pas s'attendre à grand chose, rien qu'en numérique les photos en forêt m'ont jamais vraiment satsfait. 
Bon alors il s'agit du Brownie Flash que je me suis acheté, mon deuxième appareil argentique. Je l'avais réparé mais pas nettoyé complètement d'un point de vue optique vu que j'osais pas trop forcer les rivets... depuis je l'ai revendu et j'ai celui de mon grand père qui est nickel vu que j'ai complètement tout refais et le peu de partie optique a été nettoyé.

La pelloche aux trois quarts développée est une Ilford 125/22° ISO en 120, donc pas du très adapté à tout les environnements comme la neige par mauvais temps: c'est gris dans le ciel, par terre, partout... et d'un point de vue lumière pas sûr que ça suffise... 


C'est un rendu typique de ce qui n'est pas assez altéré pour satisfaire les fashion victims de Lomography, mais trop dégueulasse pour plaire aux perfectionnistes. Moi je les aime comme ça (même si la bande...)
Par contre! Chose très drôle dont j'avais vu un exemple il y a des mois: un type qui avait mal remis la lentille (à l'envers) avait obtenu des photos assez belles avec un centre net et un pourtour étiré. Et donc je me suis dit que je testerais mais bon de la à sacrifier une 120... bon ben c'est arrivé par erreur en remontant l'appareil avant de partir vers Nice... Je ne m'en suis rendu compte qu'après le développement bien sûr. Et le pire c'est que ce n'est que maintenant que je me dis avoir sûrement fais la même chose à la fille à qui j'ai vendu l'ancien... 



Sinon comment vérifier que c'est bon? Il faut couper une bande de papier claque de 6,2cm de large, l'enrouler sur un axe 120, et l'utiliser comme une pellicule. On déclenche en pose B et on regarde l'image (à l'envers) sur le calque. (Comme ici) (Bon vu la faible ouverture faut être dans un endroit sombre comme en intérieur et viser du clair comme l’extérieur, sinon on voit rien.)


Un torrent glacial à Isola 2000 en août 2013, déjà qu'il faudrait le pourtour pour bien isoler la chose, là on ne comprend pas trop au premier coup.
Une pose longue! Bien crade! Ouais j'ai fais une estimation à moitié au flair et c'est pas bon. Un négatif très sous exposé, j'ai du exploiter ça a fond en faisant ressortir toutes les cochonneries sur l'image... bref. Rien à redire!
On remarque que la lentille est toujours à l'envers et ça change bien la vue de Nice depuis les hauteurs (Gattières) L'exposition reste très insuffisante même pour une Fomapan 100.

Je ne peux pas finir sur la vue de nuit ou même si je suis resté 2 min sur le déclencheur sans bouger ça n'a pas suffit et que les saleté font des étoiles artificielles...

Du coup voilà encore de la forêt.

Bref je n'ai rien de correct à pondre avec cet appareil qui pourtant a moyen de faire des choses très acceptables! Pour peu que la pellicule passe en labo ou que vous soyez bon il y a moyen de faire des choses excellentes! Mais bon. Je suis faillible... Ca ne me donne que plus d'occasion de le ressortir!

Mais dans le prochain article je présenterai mon appareil préféré du moment, celui qui serait susceptible de dépasser la majorité des autres appareils. J'ai presque fini la pelloche mais j'ai pas grand choses à photographier en ce moment. Bref, un article passionné à venir sur un appareil auquel je suis vraiment très attaché (et pourtant je ne l'ai que depuis une semaine...)

mardi 10 septembre 2013

Lubitel 2 (Любитель 2)

Aujourd'hui je présente un appareil soviétique emblématique: le Lubitel 2 (prononcer "Lyoubitel").

Rapide présentation avant les photos:
Il a une tête bizarre: il a deux objectifs! Il s'agit d'un reflex bi-objectif: l'objectif du haut est le même que celui du bas et sert à la visée, celui du bas sert à imprimer le film. On vise donc en regardant par la "cheminée" par dessus et on fait la mise au point en tournant l'objectif (qui est synchrone avec celui du dessous par un habile jeu de rouage...). 


Si on est pointilleux on décroche la petite loupe et on colle son œil dessus pour faire la mise au point la plus fine et on shoot.
Si on a la flemme on peut viser à travers une fenêtre dans le cheminée. (Paye l'intérêt d'un reflex...)

L'objectif de visée a une ouverture fixe très ouverte (environ f/2,8) ce qui permet d'avoir une image lumineuse et une très faible profondeur de champ, donc de faire les réglages au plus précis possible. En soit il ne sert pas vraiment à cadrer vu que la photo n'est pas prise là, il sert:
-à la mise au point
-au cadrage sur l'axe horizontal 
-à voir quel grossissement donne l'objectif (un 50mm)

L'objectif de prise de vue (Un T-22 50mm de Lomo [Ломо]) en dessous est plus complexe, il a:
_Une ouverture variable (de f/4,5 à f/22)
_Des vitesses (pose B puis de 1/15s à 1/250s)
_Un retardateur (de 7 à 12s)
_Le levier d'armement
_Le déclencheur
_Le synchro-flash
_Et de quoi accrocher un déclencheur souple. 


Inutile de dire qu'on s'y prend à deux fois pour avoir quel levier on bouge...
Photo de nuit en pleine campagne, les phares des voitures et les lumières des villes font du light-painting sur le négatif. Grâce à un trépied et à un déclencheur souple on peut obtenir des photos en pleine nuit malgré des nuits quasi noires.
Ici, une Ilford 125/22° ISO pendant 1h45min.


Fabriqué en 1954 et 1980 par Lomo (Ломо) en URSS, c'est un appareil en 6x6 qui utilise du 120. Il est intégralement manuel et il faut donc suivre le chiffre de la pellicule derrière l'appareil au travers de la fenêtre inactinique rouge tout comme le Kodak Brownie Flash. Du coup on ne peut pas utiliser de pellicule 220 même si l'on peut fermer cette fenêtre (ce qu n'est pas de toute sûreté!)


Tout ces réglages permettent de faire des photos dans les bois même à 100/21° ISO à main levée, mais bon faut pas plus sombre.
Lubitel (Любитель) veut dire "Amateur" ce qui ne dénigre pas du tout l'usager... En tout cas il s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires ce qui le rend assez commun à la fois dans l'ex-bloc de l'est mais aussi ailleurs vu qu'il existait la version export avec le nom de la plaque en alphabet latin et non cyrillique.


Un film un peu plus souple dans des conditions très différentes permettrait de bon résultats à la fois dans le sombre et le clair.


Entre l'hiver sombre et l'été vif, la lumière du printemps permet d'obtenir de bonnes palettes de gris malgré un film de sensibilité fixe.

Qu'est ce qu'on peut faire de drôle à part des photos carrées de bonne qualité? Et ben pourquoi pas y mettre un film plus petit comme du 35 mm? Il suffit de se débrouiller dans le noir pour charger le film dedans sans la cartouche, on met des élastiques sur l'axe 120 pour éviter que le film parte de biais et on prend des photos en 3,5x6cm avec les perforations du film, on appelle ça du plein film.

(Pour se mettre en format paysage c'est un calvaire mais ça vaut le coup!)

ACCESSOIRES

LA SACOCHE
C'est assez volumineux comme appareil mais la sacoche est bien pratique malgré le poids du truc. Toute en plastique souple, elle est armée de carton dessous et en plastique devant estampillé du logo de la marque.
Elle tiens par dessous grâce à une vis à mettre dans le l'attache du trépied, mais on peut utiliser un trépied quand même puisque cette vis, elle même possède une attache adaptée.


On voit la vis de l'attache de la sacoche, et la fenêtre inactinique fermée par un petit panneau amovible avec une flèche.


LES FILTRES
Il existent différents filtres qui s'adaptent dessus, on peut en mettre deux dans le compartiment de rangement sur le côté de l'appareil ou alors y mettre une protection d'objectif que je n'ai pas.
"Fabriqué en URSS" sur le couvercle du compartiment de rangement.


dimanche 18 août 2013

Comment charger une pellicule 120 dans un Kodak Brownie Flash?

Mise en pratique vidéo! =)


Kodak Brownie Flash (Hawkeye)

Aujourd'hui je vous présente l'appareil le plus typique de la France des années 1950-1960: le Kodak Brownie Flash.



C'est un appareil d'entrée de gamme tout en bakélite noire et qui comme toute la gamme des "Brownie" devait pouvoir démocratiser l'accès à la photo. Le succès fut énorme! (Je crois que c'est l'appareil le plus vendu en France...à vérifier!) L'appareil était vendu dans une boîte avec parfois un flash de la taille d'une raquette de ping-pong et était devenu l'incontournable des communions ou anniversaires.
Il était fabriqué en France même pour le publique français sous le nom de Kodak Brownie Flash avec toutes les écritures (en somme pas grand chose...) en français. La version américaine est appellée Hawkeye Flash mais c'est exactement pareil. 

Certains diront qu'il a un gris étrange, oui ce fut celui de mon grand père qu'il a eu à sa communion il y a environ 55 ans. Mais dès années d'attente on bien fait rouiller la plaque métallique et rendu la bakélite grise bien dégueulasse. Alors j'ai dérouillé la plaque à la laine d'acier et tout repeint à la bombe d'un gris à peu pris identique. On aime ou on aime pas.
 
... Bon les américains ont quand même un rayonnement mondial à l'époque et tout le monde rêve d'Hollywood etc... Mais ici aussi ils gagnent: Haykeye (soit "l'oeil de l'aigle" en anglais) c'est quand même 1.000.000 de fois plus classe que Brownie! Genre un gâteau face à l'aigle américain et sa vue perçante... On va se faire becqueter!
 
Le tout en français!


Fermé/ouvert

Bref! C'est un appareil qui fonctionne avec des pellicules 620, le 135 n'étant pas encore légion à l'époque. Le 620 c'est un film d'une longueur fixée large de 6cm qui permet de faire 12 négatifs carrés de 6cm x 6cm. Le film est enroulé autour d'un axe métallique assez fin. Malheureusement les pellicules 620 c'est fini depuis bien 30 ans! Mais il existe un substitut: la pellicule 120: c'est strictement le même film mais sur un axe en plastique plus épais. 


PLUS EPAIS! Ça ne passe donc pas en général. Mais ici soit c'est un coup de chance ou un coup de génie (je ne crois pas...) mais la pelloche étant juste retenue pas un bout métallique souple, la pellicule 120 s'adapte parfaitement. Du moins pour dérouler sa pellicule! 
Un appareil moyen format (qui utilise les films de 6cm de côté) ne s'utilise pas comme un 135: il faut accrocher le papier opaque du film sur un autre axe de pellicule de l'autre côté de l'appareil et faire avancer le film en regardant le chiffre qui passe derrière l'appareil à travers la fenêtre inactinique rouge. Une fois finie, on ne rembobine pas: on avance jusqu'à ce que tout le film soit enroulé sur l'axe récepteur puis on peut l'enlever et passer l'axe vide de la pellicule utilisée à la place de l'axe récepteur.

La fenêtre inactinique

Le problème c'est qu'on fait tourner l'axe récepteur pour faire avancer le film grâce à une perforation de la bobine 620, il faut donc qu'il reste un axe 620 pour pouvoir utiliser l'appareil et surtout, il faut pouvoir le récupérer si on emmène développer le film car les photographe vont le garder voire le jeter. Et essayer d'en acheter un sur internet... Entre la rareté et le prix c'est dissuasif. Mais généralement l'axe est là et il suffit de se mettre dans le noir total et d'enrouler le film à nouveau sur son axe 120 pour l'amener développer, l'axe 120 on en à sur chaque pelloche 120 qu'on achète. Sinon on précise bien au photographe qu'on voudrait récupérer l'axe 620. Ou sinon on développe soit même. J'expliquerai ça aussi bientôt.

Autre particularité: le viseur
C'est le principe d'un réflex bi-objectif, mais ce n'en est pas un. On a un miroir qui permet de viser de manière plutôt aléatoire et de manière inversée (comme quand on lit dans un miroir). C'est sympa mais moyennement pratique. Il faut le tenir en dessous de la poitrine comme un réflex bi-objectif. 

On voit qu'on vise au dessus du réel objectif. Au passage: on est en pose B: le bouton lisse est relevé.



Dernière chose: son succès et son prix abordable viennent du fait qu'on a un système très simple dans une boîte solide en bakélite. L'obturateur est un système rotatif bête (j'ai réussi à le démonter, le nettoyer/réparer, puis le remonter et il marche comme une horloge). C'est vraiment un des plus basique.


D'un point de vue technique:

C'est un appareil moyen format 6x6 qui mange du 120 mais comme expliqué, a encore besoin d'un axe 620.

VITESSE
Il en a deux: 
_Une fraction de seconde (bouton sillonné)
_Pose B. (bouton lisse à relever)
La fraction de seconde est d'environ 1/40sec. Pourquoi ça? Parce que.

OUVERTURE
Il a une ouverture fixe d'environ f/15. C'est habituel de ce genre d'appareil: une ouverture faible pour avoir une grande zone de netteté. Il faut donc coupler avec une vitesse assez lente: 1/40 est acceptable.

MISE AU POINT
Aucune. La mise au point est fixe, la lentille (ménisque) ne bouge pas et grâce à la faible ouverture on a un appareil avec une zone de netteté constante de l'infini jusqu'à environ 1m20.

Il suffit donc d'appuyer sur le bouton pour prendre une photo sans se soucier du réglage.
Et bien oui et non. Un paramètre est a prendre en compte: la lumière. S'il fait beau en plein été et s'il fait gris l'hiver la même pellicule ne va pas pouvoir faire les deux négatifs de manière acceptable. Il faut donc trancher en variant un autre paramètre:

SENSIBILITE
On utilise une pellicule de 100 ISO environ pour faire des photos par temps clair, on utilise 400 ISO par temps nuageux. Avec évidemment possibilité de mettre moins et de rester en pose B en calculant le temps nécessaire au posemètre (appareil de mesure de lumière) ou plus selon les conditions. Ou de pousser une pellicule 100 à 400ISO mais bon... Une pellicule assez souple d'un point de vue sensibilité comme la Fomapan 100, 200 ou 400 est parfaite ici car elle permet d'avoir de bons négatifs malgré les légers changements d'expositions d'une image à l'autre.

Il se tient de la même manière qu'un réflex bi-objectif: en dessous de la poitrine

Envie de se la jouer années 50-60 en mode Hollywood avec le chapeau, le costard marron et la décapotable américaine? Il existe quelques accessoires pour cet appareil.

ACCESSOIRES

LA SACOCHE


Une belle sacoche en cuir est quasi-systématiquement vendue avec chaque appareil, un beau cuir marron armé de carton dur. Il permet de prendre l'appareil autour du cou et de pouvoir prendre une photo sans prendre le risque de le faire tomber. Un trou sur le coté permet de laisser passer la molette pour avancer le film et un trou derrière permet de voir la fenêtre inactinique. On déboutonne devant, *clic*, on avance le film jusqu'à la prochaine photo, on referme.
Pratique, joli mais certes, c'est quelque peu encombrant d'avoir un cube sur la poitrine contrairement aux appareils 135 qui sont plats.

LE FLASH


Comme l'indique son nom: il y a un flash! Quelle révolution dans ces années là! Un flash en bakélite et en aluminium se fixe sur le côté, on visse une ampoule (au magnésium?) type PF1B à usage unique alimentée par une pile et on prend la photo en respectant la distance expliquée selon la sensibilité du film.
Donc aujourd'hui on en trouve facilement mais les ampoules pas vraiment. Il est possible sur des sites spécialisés (genre frugalphotographer) mais c'est cher, polluant, et d'une sécurité aléatoire étant donné l'âge des ampoules dont l’intérieur brûle violemment pour faire le flash.
Mais pour ceux qui insistent: c'est donc possible de se la jouer reporter des années 50 avec son flash en sucette, ses ampoules blanches pour le noir et blanc et ses ampoules bleues pour la couleur... c'est bizarre mais je crois que c'est ça.

LE CLOSE-UP n°13


Merveille sur laquelle je n'ai toujours pas mis la main, le close-up, c'est le nom anglais que l'on donne pour ces "bonnettes macros" comme sur le Smena 8M. C'est une lentille additionnelle qui permet de prendre des photos à moins d'un mètre.

LE CLOUD FILTER n°13 


Comme son nom l'indique, c'est un filtre à utiliser par temps nuageux.

EN BREF
Le Brownie Flash c'est classe, très bon marché sur le net ou en brocante, intuable, facile à remettre sur pied et donne des photos de bonnes qualité si on reste dans des formats corrects comme du 10x10 car le négatif à une surface 4,2 fois plus grande qu'un négatif 135 (24x36mm) donc une résolution plus fine. Le seul problème vient de l'axe 620 à garder absolument, même si ce n'en est pas un quand on développe soi-même. Le prix des pellicules est assez élevé de par la grande surface qu'il y a pour seulement 12 prises (le prix d'une pellicule 36 prises en 135). Le viseur est très hasardeux et il n'y a pas de récepteur pour le visser sur un trépied ce qui rend les occasions de faire des poses longues plus rares.

Des photos?
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