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lundi 11 novembre 2013

Passage à la couleur et découverte du Beirette SL-100

Ca y est je l'ai fait: je suis enfin passé à la couleur! 

J'ai acheté de quoi développer la couleur! (Pour 12 à 16 pellicules, le pack coûte le prix de 3-4 développements, c'est vite rentabilisé, c'est très rapide (12min!) et ça fait vraiment plaisir!)

Question pellicules, j'ai des pellicules couleur périmées (de la dernière fois qu'on a utilisé un appareil argentique dans cette maison c'est dire...) et deux neuves. J'ai pris une Fuji Color 200 (oui ça n'existe plus depuis un moment ...)

Prendre une pellicule couleur périmée c'est prendre le risque d'avoir des négatifs avec des dominantes de couleur importantes (et se retrouver avec une photo toute rouge par exemple...) mais j'ai eu un négatif bien équilibré et de toute façon, le scanner équilibre automatiquement les négatifs. (Magique non?)

Le tirage papier couleur c'est une autre paires de manches que j'essayerai plus tard (c'est un procédé un peu aléatoire où il faut avancer à tâtons et en pratique il parait que c'est galère.)

Mais trêve de bavardages! Voici un article sur le Beirette SL 100 illustré de photos noir et blanches mais aussi en couleur!




On replonge toujours dans la même époque avec moi: les années 1970 et cette fois on retourne à un endroit où on finit souvent sur ce blog: la République Démocratique Allemande; l'Allemagne de l'Est).


Je suis trop fier de cette photo faite sans retouches. ^^
Celle là un peu moins avec l'entrée de lumière...

Une entreprise dénommée Freital (anciennement Pouva) lance une série d'appareils-photo dès les années 1950: les Beirette. (Le Beirette SL 100 existe avec les contours blancs et sous le nom de Pouva.)



A partir de 1972, Freital sort une série spéciale: les Beirette SL (qui fonctionnent en cartouches SL).

Ils nous pondent donc rapidement le 100, 200, 300 et le 400electric. Le premier (celui-là) étant le moins cher et le 400 étant le plus haut de gamme. (Même technique que pour les Agfamatics!)

Un bouquin d'époque (SL-System de Günter Büttner) me donne pour 1978:

19,50mark le Beirette SL-100 (soit 39€)
5,50M sa sacoche (11€)

54M le Beirette SL-200 (Soit 108€)
14M le sac (28€)

65M le Beirette SL-300 (soit 130€)
14M le sac (28€)

185M le Beirette SL-400 electric (soit 370€)
14M le sac (28€)

39€ faut pas nous prendre pour des moutons!
(Ici sur le Puy de Sancy: la plus haute montagne du Puy-de-Dôme [1887m je crois])
Et pour ceux qui se demandent, les lettres sur les moutons c'est pour la taille des pulls.

Sinon elle n'est pas belle mais j'ai perdu le fichier...
C'est dire la différence de niveau du 100 au 400. Ce sont les deux que j'ai et effectivement on part de loin et on va loin.

Le Beirette SL 100 c'est un appareil en cartouches SL qui donne 12 photos en 24x36 (donc comme on en a l'habitude) par pellicules.

Les réglages sont limités:
_Pose B (L'objectif est ouvert tant qu'on appuie sur le déclencheur.)
_Nuage/Flash (1/30ème de seconde)
_Soleil (1/125ème)

L'ouverture est fixe de f/11.
Il est donc adapté a une pellicule 100/21° ISO.


Pas besoin d'une résolution importante pour un paysage végétal déjà diffus;


La mise au point se fait en tournant l'objectif, on a le choix entre trois plages de distances:
_1m à 3m
_3m à 8m
_8m à l'infini
C'est plus pratique que de devoir déterminer au pif si on est à 1m20 ou 1m50 comme sur le Smena 8M.
Et pourtant, même réglé sur 8m-infini, le Puy de Sancy qui est quand même à plus de 8m de moi est tout aussi net que mon cousin (qui sert de manche-à-air) qui est tout au plus à 3m. Mais faut faire la mise au point quand même, en testant avec du papier calque on voit ce qu'est vraiment un flou de Bokeh.

L'objectif est un Chromar de 52mm composé de deux lentilles. Mais plus exactement c'est une "horreur". Je pense qu'il s'agit de l'objectif avec le moins de piqué au monde (le plus flou). A l'époque c'était pas un entrée de gamme, c'était un bas de gamme Est-Allemand (c'est dire) et pourtant c'était destiné à un public qui tirait ses photos en 7x12cm, un peu plus qu'une carte de crédit. (De nos jours ça ne doit même plus exister si petit.) Parce que la résolution est si mauvaise que si on agrandit plus on ne voit plus rien! Après ça peut être un style sympa qu'on recherche mais pour le coup c'est quand même très grossier. Et du coup je limite la taille de certaines photos ici. (Surtout en noir et blanc!)



Sinon il est quand même bien drôle: sa face en inox, sa barrette à coulisser à l'arrière qui pousse le compte-vue en... papier! (C'est du bas de gamme de la technologie est-allemande des années 1970, ils font pas semblant!) Il est tout en plastique et du coup il peut mal finir facilement mais il est très léger.


Une photo en macro pour bien voir le détail de la chose et vous le prouver: du papier.
C'est même pas collé comme il faut...
Mais on peut faire des poses longues, on peut le fixer sur un trépied et il peut recevoir un déclencheur souple.


Ouais elle n'est pas censée être carrée, mais la partie gauche servait à rien et j'ai eu une entrée de lumière (les cartouches SL sont vielles et le velours de certaines n'est plus tellement étanche à la lumière...)

C'est une pose au pif, j'ai estimé 2 min vu que mon posemètre (une appli de téléphone bien pratique) ne voyait rien.

Après il faut savoir qu'une pellicule couleur c'est assez souple et un écart d'exposition est vite accepté.
Moi je m'obstine un peu avec cet appareil parce que je l'aime bien, son allure, son utilisation, son compteur en papier etc...

A mon humble avis, il a été destiné aux gens qui faisait de la photo de manière économique: on ne pouvait pas faire moins cher, et la qualité donnait des images acceptables pour de petits tirages ou plutôt (à mon avis), en utilisant de la diapo. Car un moyen peu encombrant et peu cher de faire des photos et en couleur en plus, c'était de prendre des diapos et de les mettre dans une visionneuse avec une sorte de grosse loupe. La qualité doit être acceptable pour cet usage.


Ca pour les plus modernes...
... ça pour les moins riches...
... et ça pour moi.
Sinon il peut tout de même recevoir un flash additionnel et ça aussi c'est quand même un énorme avantage! (En même temps l'Est préférait les flashs réutilisables comme aujourd'hui et l'Ouest les consommables qu'on ne trouve plus... dommage.) 

Au flash on obtient un super vignettage! Mais ici la photo est presque carrée et elle ne vignette que d'un côté parce que j'ai fait le plus mauvais cadrage du monde.


Elle est pas belle ma chambre?
Parlons-en d'ailleurs du cadrage! 
Ben c'est par un trou dans l'appareil, sans même d'effet grossissant ou autre qu'il faut cadrer. Juste un trou où s'accumulent les cochonneries. Du coup le cadrage doit se faire vraiment au pif!


A l'intérieur c'est toujours pareil: flash. En tout cas elle est plus piquée que le reste celle là.

D'un point de vue sensibilité j'ai dit qu'il été prévu pour du 100/21° ISO, mais souvent ce que je remarque avec ces vieux machins mécaniques c'est que plus l'optique est mauvaise et plus il faut sur-exposer. Donc prendre une 200/24° ISO ou une 400/27° ISO (là s'il fait moche quand même!) c'est pas dramatique. Les pelloches couleurs sont souvent des 200 ISO, celle que j'ai utilisée est dans ce cas là. Et avoir de bonnes plages de couleur bien ancrées aident vachement mieux à discerner une image de qualité médiocre. Bon la mienne est périmée depuis longtemps, mal conservée etc... sa sensibilité aurait peut-être pu baisser mais je ne pense pas. Puis le soleil n'était pas fort. Les négatifs sont nickels à l’œil.



Donc en conclusion, on peut faire beaucoup avec cet appareil (poses normales,poses longues, flash) mais en pas très gros! (Le 10x15 c'est vraiment trop gros pour les négatifs que ça donne!) Mais pour en apprécier l'aspect des images je pense qu'il vaut mieux l'utiliser en couleur et pas pour des choses pointilleuses comme un visage ou des fleurs...


A quoi peut servir un para-soleil la nuit? A éviter tout ça.


Allez, brève histoire de fin d'article, cet appareil est un hybride en fait. Cet été je l'ai acheté au marché aux puces du Mauerpark de Berlin pour 10€ (Rah ils sont durs en affaires ces turcs!). Mais il marchait mal et j'ai essayé de la réparer mais une pièce en plastique est morte. Extrêmement dégoûté de cet appareil dont j'était tombé amoureux j'en ai acheté un autre sur le net pour lui voler sa face avec son objectif et le mettre sur le mien. Je réalise donc à l'instant que cet appareil m'a coûté environ son prix d'origine... (39€ pour ceux qui veulent pas remonter.) Le corps du second et la face de mon original son dans mon cimetière d'appareils.
Mais la chose que j'ai beaucoup aimé c'est d'avoir trouvé une cartouche avec un film utilisé dedans! Une Orwo NP 20, un film noir et blanc de 80/20°ISO donc. Il datait d'avant la chute du mur et je me suis empressé de développer mais rien d'intéressant: des pieds flous, un haut de monument flou, puis le bas. Fin. Dommage. :)

samedi 19 octobre 2013

Autres clichés du Certo SL110

Je n'ai rien testé de plus mais j'ai développé une pellicule du dernier appareil dont certaines sont au maximum de sa capacité. Bref, je n'ai rien à dire si ce n'est que montrer des photos.

Super palette de gris non? Et le piqué est super sur la maison ou le bois, la résolution se limite à la qualité du scanner pour le coup, vu que les négatifs sont tout petits.

J'avais expliqué qu'au flash on avait tendance à isoler le sujet voire, dans certaines conditions, à le faire luire. Ici, le chat le plus étincelant que j'ai eu.

On perd vachement ses repères dans la végétation quand on est en noir et blanc. Heureusement que le chemin, le bout du tunnel de verdure et le champs nous servent de repère.
Comme je me l'étais dit: celle-ci est un désastre total, mais c'est celle là qui m'a fait prendre conscience de la superbe de cet appareil. Il faut dire que ce négatif n'a pas été gâté: le temps le plus sombre que j'ai vu en pleine journée, une pellicule poussée à 200/27° ISO, et des produits de développement en fin de vie totale.

Et pourtant la carrière abandonnée de Gravenoire ne pouvait pas mieux ressortir autrement que sur une photo au style bien vintage comme dirait certain. Et je pense qu'en tirage papier légèrement jauni avec un rebord blanc ondulé, elle doit vraiment claquer! 

Ici on voit bien qu'on a un piqué très acceptable, et même très honorable pour l'appareil en question, et pourtant on se perd vite dans ces feuillages, à tel point qu'on remarque pas directement les tomates.

Même les eaux sales reflètent! Et notons aussi un flagrant vignettage sur le haut.

dimanche 13 octobre 2013

Loisir Est-Allemand

Je reviens un peu en retard mais je refusais de faire un autre article que celui prévu sur un appareil que j'enviais tellement depuis longtemps et dont j'ai tellement exulté: le Certo SL 110.



Pourquoi je l'ai tant voulu: 
_C'est un appareil qui donne des négatifs de 24mmx24mm, donc le format carré (+1pt) sur film 35mm (le film dans les pellicules qu'on a tous connus et utilisé) (+1pt)
_il marche en cartouches SL (+1pt) (des cartouches un peu différentes de celles qu'on a connu, mais on s'en fiche quand on a du film il suffit de le rentrer dans une cartouche!)
_il est Est-allemand (+1pt)
_c'est un appareil pour grand public (+1pt)
_il a plusieurs réglages (+1pt)
_il aurait un objectif assez surprenant (+1pt) pour ce genre d'appareil. 

Soit 7 points d'affect pour moi! (Ouais, j'aime les cartouches SL même si ça fais chier tout le monde.)


On voit le "DDR" entouré d'un copyright et d'un triangle de danger. Pourquoi? 

Il est tout mignon et ressemble à un jouet et s'adressait au grand public de RDA voire du bloc de l'Est à partir de 1974. Il avait eu deux grand-frères très kitsch et désormais assez rares dont un ne servait qu'au noir et blanc (Certo SL 100) et l'autre, avec un "meilleur" objectif pouvait recevoir des pellicules couleurs (Certo SL 101).

A cette époque on est dans la miniaturisation mais toujours dans le tout mécanique, chez nous à l'Ouest on est en plein dans la vague des Instamatics depuis déjà 12 ans et ça n'est pas fini. On a donc un tout mécanique à la fois plastique et métal, recouvert de plaques en inox. Il est vraiment petit pour une certaine raison...

Le premier Certo, pour le noir et blanc
Le second pour la couleur.
Il fallait un appareil facile mais fonctionnel, avec un bon objectif et assez de réglages pour pouvoir photographier selon différentes luminosités.

Ici on a toutes la conditions de lumières et une exposition correcte: le ciel est bien visible, les falaises calcaires qui reflètent un soleil fort, le noir des grottes, l'ombre à l'entrée, on a quand une bonne palette de gris. Mais c'est plus imputable à la pellicule. Le piqué/résolution/netteté, reste assez limité, même si on peut différencier des brins d'herbes, les veines de la main du géologue qui déchire, les strates dans la grotte et des détails des nuages. 

La solution adoptée est cet appareil qui ne ravira pas les pressés qui se foutent de prendre une photo car il y a deux réglages à faire! (Donc prendre 5 secondes avant sa photo! Ouh la la!)

LA MISE AU POINT:
On aurait pu faire un appareil sans réglages de mise au point mais on aurait été trop limité pour les prises sous des lumières différentes et on se retrouverait avec un Iso-Rapid (Que j'aime beaucoup comme l'atteste l'article!) Du coup il faut régler la distance du sujet selon un jeu de petits symboles ou la distance correspondante dessous. Alors très à la louche quand même on a une bonne marge de manœuvre en fait pas besoin d'y coller un télémètre comme le Blik (Блик) [fin de page de mon premier article]. On peu se rapprocher jusqu'à 1m50 pour un portrait, un animal etc... puis jusqu'à l'infini (heureusement!).


On a de la marge, mais c'est une marge qui s'amincit quand on se rapproche, du coup ici la mise au point est à 1m50 à f/8, la zone de netteté sur le grillage est limitée à la partie centrale.

LA LUMIERE:
Chose rare, on a pas d'ouverture ou de vitesse à choisir mais directement la lumière selon un jeu de symboles. Chaque symbole correspond à un couplage ouverture/vitesse permettant d'avoir une bonne exposition pour une pellicule 100/21° ISO. Ce qui permet à tout le monde de l'utiliser (Même si les autres appareils ont des subterfuges pour aider les non-initiés aux notions d'ouverture, vitesse et sensibilité comme sur le Smena 8M où les choses sont vraiment bien faites!)

Les symboles pour l'exposition et la mise au point et leurs explications.

On a donc:
Plein soleil: 1/125s et f/16
Soleil: 1/125s et f/11
Mitigé: 1/30s et f/16
Nuageux: 1/30s et f/11
Pluvieux: 1/30s et f/8

Par temps gris dans les sous-bois, je suis assez content que la surface soit crade on ne voit pas mes cochonneries, sauf la poussière en plein milieu sur une zone noire. Mais des poussières j'en ai sur toute la dernière fournée car un fil/poil de chat ou autre s'est coincé dans la chambre entre l'objectif et la pellicule, du coup on le voit sur toutes les photos en haut. Mais pas celle là par miracle.
L'objectif est un 50mm, grossissement assez fidèle à l’œil  réputé assez bon même si en soi je ne l'ai pas trouvé si remarquable. En même temps je n'ai pas eu une pellicule correcte suite à un bon nombre de problèmes. La dernière je n'ai pas pris le temps de la développer encore mais à priori elle devrait être très bien vu les conditions.


Et autre chose que j'aime bien même si ici il n'est pas très prononcé: il vignette! (Le vignettage, c'est ce "défaut" qu'on les appareils anciens, ou de piètre qualité, à avoir des rebords plus sombres, atténués.)


Celle là a quelques rayures mais est une des rares survivante de ma première pellicule qui a très mal finie. Je suis à 1m50, c'est un grossissement naturel, le flash est un Holga 15B, du jouet quoi! Je trouve qu'on a quand même un très bon rendu en portrait et le format carré s'y prête bien aussi.

Bon c'est bien mignon mais qu'est ce que ça mange comme pellicules? Ben comme le nom l'indique: des cartouches SL! (Donc un film 35mm comme on a connu mais enfoncé dans des cartouches un peu spéciales) Mais au sein des appareils en cartouches "Schnelllade" (1, 2, 3 "L"!) ou "Rapid" c'est un appareil unique, il ne prend qu'une cartouche! Il marche presque comme les pellicules 135 (qu'on a tous utilisé): il rembobine le film dans sa cassette à la fin.

Il suffit de mettre la cartouche et le film avance dans une structure métallique similaire à ce qui est dans une cartouche SL en plastique (qui va rayer le film ceci dit en passant...)
Ensuite arrivé au 0 du compte à rebours, le mécanisme s'inverse et il faut tourner la molette dans l'autre sens pour rembobiner le film.


C'est pour cette raison qu'il est tout petit, une autre cartouche, comme les autres appareils SL aurait rajouté un bon centimètre de largeur.

Et un flash? Il est doublement bien:

_D'abord il a une griffe hot-shoe, c'est à dire qu'on a pas besoin de magic-cubes ancestraux, de flash-cubes périmés, de flash-bulbs explosifs, ni d'un flash couplé avec un câble, mais directement un flash à glisser dessus et qui marche tout seul (ça c'est pas commun sur les appareil du bloc Ouest de cette époque là et on peut plus s'en servir maintenant!) 



_Deuxièmement, avec les réglages différents on a plus de liberté au flash.






Un film légèrement sous exposé et on voit toutes les saleté du scanner (qui sont sous le verre dans le mien je sais pas quoi faire...) Ici la netteté pêche, 1m50 c'est loin quand même. Mais ici ce n'est pas grave c'est le style de la photo même.
D'un point de vue satisfaction je dois avouer qu'au moment de l'article j'était très déçu, ça faisait 3 semaines que j'essayais de le tester comme je pouvais, mais les deux premières fois le film s'était enroulé dans le mauvais sens, ce qu'il l'a broyé, plié, déchiré et rayé, et du coup quand j'ai ouvert je l'ai brûlé. (Mais j'ai sauvé des trucs dessus quand même!) En plus j'ai eu des problème à un développement. Du coup toutes les photos étaient insatisfaisante.


Jusqu'à ce qu'un membre respectable du forum 35mm me dise qu'il aimait vraiment les deux photos que j'avais mises pour leur style bien rétro et leur authenticité, et que les regarder avec l’œil qui cherche les performances photographiques ne pouvait forcément pas me satisfaire. 



Et il a raison! Ma raison première de ma mise à l'argentique était de refaire des vraies photos bien vieillottes, rétro, vintages, en noir et blanc avec des pétouilles, une qualité limite, un vignettage, du jaunis, des rebords blancs en vaguelettes, bref celle qu'on faisait il y a 40 ans, celle que tout le mode faisait. Je me suis focalisé sur ces appareils que j'aime beaucoup mais sur celui là j'ai fini par avoir un œil critique, ce qui n'est pas du tout compatible.



Finalement, j'ai eu une prise de conscience soudaine et en fait je l'aime vraiment bien ce petit appareil!

A Clermont-Ferrand entre les bâtiments blancs et surtout nos bâtiments sombres voire noirs, on a un peu le cul entre deux chaises pour choisir l'exposition du film.

Il faut savoir que le film qu'on met dedans doit être un peu plié, incurvé. Parce que mon film en bobine de 30m, quand il est sorti, il est très plat. Du coup le film (qui d'ordinaire est tout enroulé dans une cartouche) part tout droit au lieu d'être légèrement incurvé et descendre en suivant les rebords arrondis. 


Il faut donc plier un peu le bout du film et faire gaffe à ce qu'il ne se coince pas dans le cadre de la photo (quand on avance le film après avoir fermé, si ça bloque très vite ouvrez vous allez comprendre c'est tout bête.) Vu que le film est plat on doit plier le bout, mais vu que le bout est enroulé, au moment d'avancer le bout avant les premières photos, l'arrondi se bloque sur le rebords. (C'est un détail d'une seconde, sans importance mais quand on connait pas on veut pas ouvrir mais bien forcer...)



Au flash on a vite tendance à isoler le sujet en le faisant briller de mille feux. J'ai plusieurs chats éclatant sur mes négatifs.

Parfois le mien saute des prises sans aucunes raison. Parfois il semble se bloquer alors que non et il faut forcer (chose que je n'aime pas...). Bref, le mien est un peu chiant sur ce point mais c'est rare et le reste je lui pardonne tout, car c'est qu'il fait son charme.

Autre point, mais je pense qu'il s'agit d'une légende, certains disent que l'obturateur ne serait pas parfaitement étanche à la lumière et qu'orienter l'appareil vers le soleil pourrait voiler le film. J'ai essayé et ben non.

D'un point de vue accessoire il a une sacoche, mais moi je n'ai que la boîte en carton! (C'est pas très utile...)



Sur ce, je suis finalement très content de cet appareil même si après avoir passé plus de 3 semaines consécutives avec m'ont suffit et maintenant je préfère juste voir les photos. En tout cas c'est vraiment le type parfait pour des photos vintage carrées pas chères (appareil bon marché, format de film le moins cher, format carré 24x24 plus rentable que le 24x36), d'assez bonnes qualité et sans trop de soucis quand on sait quoi faire en chargeant. (Mais grâce à moi vous savez!)

samedi 14 septembre 2013

Einkauf lohnt sich! Kaufen Sie einen Instantkamera!

Aujourd'hui le blog a 1 mois! Et j'ai déjà eu 299 visites! Wouhou! C'est pas mal pour un sujet qui intéresse une fraction infime de la population! Mais je veux 300 avant minuit!

Les non germanophones ou les mauvais en allemand auront au moins reconnu un mot dans le titre: Instantkamera. Un appareil photo instantané: un Polaroid! Le Polaroid 330. (Quasiment tout l'article est assimilable à tout les Polaroids Pack 100)



"Ah ben ouais les polaroids c'était bien de l'argentique mais je me demande bien comment ça marchait... En tout cas c'était sympa la photo qui sort etc... dommage ça coûtait cher et la qualité était vraiment nulle!"

Voici grosso-modo ce qu'on entend quand on sort le mot "Polaroid". Mais il y a Polaroid et Polaroid (j'aime dire le mot Polaroid.). Bref. Polaroid!


La coque en plastique gris est articulée sous l'appareil mais elle se détache si on veut, et dedans une pince tient les photos ils ont vraiment tout prévu!

Le Polaroid 330 fait parti des premiers Polaroids (vous aurez remarqué qu'il ne ressemblait pas à ceux qu'on voit d'habitude), ceux qui fonctionnent en pack 100 (cartouches de papier miraculeusement encore produite par Fuji et qui sont les moins chères parmi le peu de cartouches instantanées différentes qui existent.)

La qualité des Polaroids n'est pas à refaire: c'est de la merde. Mais pas tous! Car au début les instantanés étaient destinés aux professionnels et les appareils en pack 100 permettent donc de très belles photos! (C'est quoi un pack 100?)
J'aurais bien voulu éviter de me mettre sur le blog mais bon en Polaroid je ne suis pas riche de beaucoup de clichés et je ne vais pas exposer mes amis qui pourraient ne pas apprécier. Du coup me voici comme andouille à côté du cul d'un inconnu devant la Porte de Brandebourg (Brandenburger Tor).
Polaroid c'est américain, des pros en chimie et surtout en optique (et dire qu'ils sortiront les optiques plastique les plus dégueulasse du monde quelques années après une fois qu'ils connaîtront le succès...)
Cet appareil est sorti entre 1969 et 1971.

Son objectif est en trois parties en verre (pas systématique chez les Polaroids surtout après...), avec une ouverture variable de f/8,8 à f/42 et une vitesse de 1/1200s à 10 secondes (là on frise l'horreur...) Mais tout ça on ne s'en occupe pas en fait! Et ouais c'est une cellule électronique qui gère tout en fonction de la lumière! (Et ouais à l'époque, c'est quand même révolutionnaire!)



Tout cet automatisme demande donc une pile. Et les années 1960-1970... inutile de dire que les piles n'existent plus pour des raison écologiques et sanitaires. Il faut fournir 3V à cet appareil, il suffit donc de couper les deux fils et de les souder à un coupleur de 2 piles AAA 1,5 volts qu'on achète pour 2 sous. Et ça marche!


Un Hun avec une hache aurait été plus appliqué, je sais!
L'auto-focus c'est pas encore au point du coup on mesure via un viseur télémétrique à côté du viseur, à l'intérieur l'image est nette quand la mise au point est bonne (que l'on a estimé la bonne distance), sinon l'image est dédoublée.

Il suffit donc dans l'ordre de:
Faire la mise au point en regardant à travers le télémètre en glissant cette barrette.

Déclencher

Réarmer pour la prochaine vue (Perso de peur de prendre une photo j'arme avant de déclencher et pas d'une fois sur l'autre)

Tirer la photo en la tenant fermement et en tirant de toute sa force herculéenne.
Et? Ben il faut attendre en fonction de la température que la photo se développe, c'est marqué sur la photo. Entre 1 et 2 minutes en moyenne. Pour les pressés qui n'attendront pas une seconde de plus: il y a un minuteur derrière! Si ça reste plus longtemps c'est pas grave.
Après on sépare la photo de son enveloppe et on enlève le contour dégueulasse plein de gelée verte qui colle (mais ne tache pas les vêtements blancs! Ouf... j'ai eu peur ce jour là!) Et la photo est là! NE METTEZ PAS VOS GROS DOIGTS SALES DESSUS ELLE N'EST PAS SECHE! (Putain!)
Un peu effacé certes mais je l'ai eu pour 10€ alors bon!

Ca fait beaucoup de déchets pour une seule petite photo! Ben non ne jetez pas le reste! Regardons bien la feuille noire opaque... de l'autre côté, dans la gélatine. On peut voir une image! (N'y mettez pas vos doigts...) Ben ouais: c'est un négatif couleur! Et ça c'est super! On prend ce négatif qu'on scotche de manière étanche sur un plateau, une assiette ou je ne sais quoi, la face noire à l'air. On y verse de la javel et on frotte la couche noire qui se dissout. On rince à l'eau, vire le scotch, rince à l'eau pour virer la gelée inutile côté image (là ou vous avez pas mis la javel sinon... pauvre image...) sans y mettre les ongles: le négatif c'est un film matériel et il se peu qu'il se décolle sinon! Laissez sécher et voilà le négatif! On scanne (avec un scanner à négatif qui est un scanner avec une lampe) et voilà la photo à garder en numérique ou à imprimer à nouveau.


C'est super pour une bonne raison: vous êtes entre amis, vous avez comme par hasard votre énorme Polaroid dans votre poche sac à dos, vous faite une photo et vous l'offrez. Vous vous avez le négatif et vous pouvez refaire la photo papier si vous y tenez ou alors l'avoir en numérique.


J'ai déchiré la pellicule de gélatine contenant l'image sur la feuille plastique. Du coup avec les écarts de lumière au scan ça me donne des images très déséquilibrées.
La c'est le scan de la photo elle même avec son rebord blanc (dont je parlerai à la fin de l'article!)

Autre raison (chose que j'ai bien aimé faire, je ne sais pas ce qu'en on pensé mes amis pour le coup...) vous partez en voyage dans un endroit avec plein de trucs à voir genre... Berlin! Du coup vous aimez vos amis et votre famille alors vous envoyez des cartes postales... mais elles sont moches/kitsches/impersonnelles et c'est pas ce que vous avez vu... Alors envoyez des Polaroids! De vous devant des trucs c'est quand même le top non?! Comme par hasard j'était à Berlin cet été et j'ai fait ça! (Mettez pas les pelloches dans la soute de l'avion!)


Souvent le négatif des irréguarité avec des taches de couleurs comme ici avec une tache jaune sur le toit. La photo elle n'a pas ce problème pour le coup. Mais je l'a envoyée. (Je sais pas à qui...)
La cathédrale de Berlin (Berliner Dom) et la tour de télévision (Fernsehturm), plus haute tour d'Europe. 
Bref du coup c'est juste génial! Surtout au moment de sortir la photo (faut tirer comme une brute, c'est pas pour les lopettes! Du coup il m'est arriver de prendre le papier du bout des doigts et de déchirer la languette... là c'est un problème qu'il faut résoudre dans le noir!). C'est aussi génial de découvrir la photo après avoir attendu!


On remarque bien que Berlin c'est à la fois très nature est urbain à la fois, la on attend le métro dans le quartier de Dahlem (Bon Dahlem c'est plus vert aussi...)

D'un point de vue film vous n'avez pas tant le choix (en même temps que vouloir de plus?) il y a couleur en 100/21° ISO ou Noir et blanc avec un négatif directement utilisable il paraît en 3000/ euh... ça doit faire du 35 DIN du coup du 3000/35 ISO... (Alors 3200 c'est 36 DIN donc 1600/3 c'est 533 donc 2x 533 ça donne environ 3000 c'est ça!) [WTF j'ai dis là? Cliquez ici, cliquez!]


Les pack d'aujourd'hui sont en 100/21° ISO mais ça change rien.
3000 ASA pour le N&B
La différence de sensibilité est donc à indiquer en glissant un bouton sur l'objectif. Par ailleurs sur l'objectif on peux tourner une bague qui permet d'éclaircir ou assombrir la photo!

A quoi peut servir la trou sur le côté de l'objectif? Ben mettre un flash. Bon les flashs sont plus trop d'actualité, c'était des ampoules bleues etc... mais Oh magie! Il y a une prise ronde exprès pour un synchro-flash! On peut utiliser nos flash actuels et faire des Polaroids de nuit!


La Alexanderplatz et son horloge universelle ainsi que cet immeuble de 37 étage d'où des gens font du saut à l'élastique quand on passe dessous...

Dans le passé cet appareil aurait vraiment pu servir! Comme aux journalistes par exemple! Alors oui ça a servi aux journalistes, il parait que certains s'en serviraient encore (si si!) et pas uniquement aux journalistes...
Cet été me voilà à Berlin, je suis entre le Museum des Terrors (sur la finesse des Nazis) et Checkpoint Charlie (et la gentillesse des douanes soviétiques) je tombe sur une exposition sur la Stasi et l'espionnage abusif perpétré par les autorités est-allemandes. Je comprend pas grand choses et c'est surtout des écritures en pas français. Puis un moment ils expliquent qu'un certain monsieur ne semblait pas vraiment très nettes aux yeux des faux disciples de Lenine, du coup certains bonhommes les espionnent, ils guettent le moindre écart, et cherchent toute chose qui pourraient prouver qu'il est un ennemi du peuple. (Terme officiel.)  Alors outre le courrier etc, quand il était au travail, les espions qui ont les clés de tout le monde, sont rentrés chez lui, ont pris des photos et sont repartis ni vus ni connus. Et 40 an plus tard, dans une vitrine trône une photo couleur (rarissime à l'époque surtout en RDA) d'un appartement typique des années 70. Et cette photo c'est une photo d'un pack 100! Et oui! La Satsi avait donc des Polaroids Pack 100 couleurs acheté à la firme américaine, pour violer l'intimité de pauvres malheureux qui allaient sûrement se faire embarquer pour rien au final. (Et ça c'est pas dans les livres d'histoire!) Ni même dit au musée, ils avaient juste une photo rien de choquant pour eux, même si la couleur était rarissime, que le contour blanc était absolument inutile puisque ç'aurait été du gaspillage de faire ça sur du papier photo normal et même une perte de résolution ce qui ne sert à rien en espionnage, et que pourtant, ils ont du aller acheter ça chez les ennemis américains la queue entre les jambes. (A moins qu'ils n'aient réussis à faire des copies mais je doute vraiment!)


Sur ce, j'escalade donc le mur de Berlin côté Est. Plus sérieusement, la photo n'a rien donné d'intéressant à cause de l'écart de lumière entre le ciel clair et le mur, mais les négatif sont toujours plus clair (environ d'un 1/3 d'après ce qu'il se dit...) du coup les photos où on ne voit rien deviennent exploitable comme celle-ci ou celle sous l'horloge universelle.
Le titre en allemand prend donc tout son sens!

Ben oui "Einkauf lohnt sich!": "Acheter vaut la peine!" Non ça ne vous dis rien? Normal! C'était un slogan utilisé par les est-allemand lors de la réalisation du déclin de leur économie. Ils avaient placardé ça sur une grande galerie commerciale pour inviter à la consommation (ironique n'est ce pas?) et soutenir un peu le gouvernement qui se saigne pour offrir "l'idéal socialiste" du moins du côté des prix. (Et sans vouloir vous spoiler: ils ont pas réussi.)



C'est une photo de Klaus Morgenstern, photographe est-allemand pour un journal important, il avait donc des pellicules couleurs pour lui. 

Pour vous donner une idée: on est en 1978 en RDA et on part une semaine en vacances au bord de la mer Baltique, on achète pour l'occasion une pelloche couleur, on a un appareil 24x36 et on est pas trop mauvais.

-Pellicule couleur Orwochrom NC 19DIN = 4,25 Mark (développement compris)
-Photo couleur: 
7x10cm 1,70M
9x12cm 2M
10x15cm 2M50 (10x15 c'est ce qu'on connaît, le format A6, nos photos normales) 

On veut vraiment nos photos pour faire un album, c'était les vacances du siècle entre le volley-ball nu sur la plage (oui en RDA on est nudiste), la famille dans la Trabant, la couleur de la mer... On choisit les plus belles du négatif et on est bon: on en prend 30/36. 

Prix de revient: 64,25 M

Revenu moyen d'un Est-allemad en 1978: 800M
Revenu moyen d'un français en 2013: 1600€

Prix en euro: 128,50€ les 30 photos couleurs!

Quand Klaus Morgenstern a dû quitter le journal il a donc dû s'acheter des pellicules noir et blanches.