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mercredi 29 janvier 2014

Corriger son Kiev subminiature

Voici un petit tuto pour démonter les subminiatures Kiev et Minolta, avec en exemple le Kiev 30M.Les Kiev Vega, 30,30M, 303 et les Minolta 16 étant quasiment identiques (que ce n'est pas totalement...)

Pourquoi faire ça?
_Il marche plus et je veux tenter le tout pour le tout.
_Je veux nettoyer les optiques, enlever la rouille et re-huiler le tout.
_Je veux refaire la mise au point correctement.
_Je veux draguer avec mes capacité de mécanicien hors pair. (Bon faut pas trop rêver non plus...)

Alors c'est ultra simple même si un subminiature tout petit. Il faut s'équiper d'un tournevis plat de précision, d'un chiffon microfibre pour les lentilles, une soufflette pour enlever les cochonneries puis à votre aise de prendre de l'huile de synthèse, de l'huile de friture, de la laine d'acier pour enlever la rouille, ou je ne sais quoi d'autre.

Avant toute chose: voilà comment ça va se passer. Il y a 7 vis au total à enlever. Tout s'emboîte facilement et rien ne doit se disloquer. Il ne faut jamais forcer plus que de raison et faire gaffe à ne pas rayer les optiques. 

C'est parti!

PREMIERE ETAPE: Enlever la plaque du bout.

Etape ultra technique (ironie): avec un tournevis de précision on enlève les 4 vis des deux tranches. On tire un peu et le bout vient ainsi qu'une petite plaque qui ne sert à rien et qui frise l'impossible à remettre (du coup c'est la seule pièce que je n'ai jamais remis...)

Gardez bien les pièces rangées comme il faut, non pas qu'il y en a beaucoup, mais elles sont minuscules.

DEUXIEME ETAPE: Dénuder la machinerie.

On enlève le revêtement noir qui coulisse qu'on enlève quand on charge l'appareil (c'est super de décrire des pièces qui n'ont pas de nom...) et on découvre qu'e tout tiens avec une seule pièce: une barre coincée qu'il faut enlever en la poussant.
Ainsi tout le reste vient et on se retrouve avec:
_Le corps
_La plaque du dessous avec le "compteur".
_Deux bandes de métal pour bloquer et amortir le corps contre son habilement.
_Le revêtement en métal en U.


Difficile de faire marche arrière: le gros est fait.

TROISIEME ETAPE: Désolidariser les deux parties de l'appareil.

Dessous, il y a 4 vis un peu plus grosses qu'avant. Mais si on se souvient bien j'ai dit qu'on en enlevait 7 et on en a déjà enlevé 4. Donc une ne dois pas bouger. Bon c'est juste pour pas s'emmerder à devoir remonter la pièce que la vis en plus maintient. Il faut enlever les vis, sauf celle "centrale" qui retient l'axe qui fait avancer le film (qu'on voit si on retourne l'appareil.)

La vis à ne pas enlever est celle qui est dans l'arc de cercle noir.

On peut donc désormais enlever le magasin qui reçoit la pellicule couplé avec l'optique et le diaphragme (qui rentre DANS l'objectif).
L'armement et les vitesses aussi (ils vaut mieux les laisser à leur place, c'est plus difficile à remonter et en général ça n'a pas de problèmes.)

QUATRIEME ETAPE: S'improviser ophtalmo d'appareil.

L'optique est constituée de 3 lentilles. Pour tout laver et remettre en ordre, il faut dévisser le bout qui maintient le verre. La lentille tombe toute seule. On peut la laver. On tapote un peu pour faire tomber un anneau métallique qui maintient les lentille en place, ainsi que la lentille divergente (creuse) et SURTOUT on mémorise bien dans quel SENS elle était montée. (Parce que j'ai fait l'erreur sur les 3 appareils dont j'ai réparé l'optique, y compris un que j'ai vendu... Concrètement ça se caractérise par une zone centrale bien nette et une zone périphérique floue. C'est plutôt sympa mais pas forcément ce qu'on recherche. Du moins pas moi.) 
La partie qui se dévisse est sous l'anneau en mousse.

Il y avait bien quelque chose dans l'objectif qui coinçait. 

Une fois la mousse enlevée, l'anneau métallique dévissé, et l'objectif dévissé également.

Une fois nettoyées, on remonte les pièces comme elles étaient.

CINQUIEME ETAPE: Guérir la myopie (et rafler un prix Nobel sûrement...)

La mise au point peut être mal réglée... c'est même souvent le cas. Pour la refaire, rien de plus simple: on dévisse (partiellement: on desserre en fait) la bague autour de l'objectif, on met un bout de calque ou de scotch mat là où passe le film et on regarde la finesse de l'image selon les distances, et on replace sa bague.

Non je blague! La négatif fait à peine plus d'un cm² et on ne voit que dalle! Du coup le réglage de base est: l'objectif vissé à fond (donc le plus proche du film) pour un réglage à l'infini. On sert l'objectif au plus proche. On lui sertit sa bague avec les distance en gardant le "infini" en haut. Puis normalement, l'objectif ne peut que s'éloigner vers l'extérieur de l'appareil en rapprochant la mise au point.

La lentille est à l'envers donc les bords sont flous. Mais le centre est bien net!

Pour vérifier, un bout de calque derrière permet de savoir si on est pas trop dans les chous.

SIXIEME ETAPE: Recoudre le patient.

La partie optique est bonne, la partie vitesse est correcte, le reste est propre: il faut remonter. Rien de bien compliqué: l'obturateur est normalement en place. On pose la partie optique (dans le bon sens) contre ce bloc (sans faire toucher la lentille, il faudrait pas la rayer!) puis le réceptacle de la pellicule (ça force un peu forcément.

Ensuite il faut remettre les vis dessous afin d'avoir un corps compact et solide.

Mise au point minimale: 50cm! 
Puis vient le plus difficile: tenir le corps de l'appareil avec la plaque dessous, emboîtée comme il faut, avec la barrette métallique contre l'arrière du corps, la barrette métallique avec un encoche, contre la partie avant. Puis il faut faire glisser tout ça dans le fourreau métallique en U. Ca peut forcer un peu. Il ne faut rien tordre et qu'au final, on puisse faire coulisser la plaque du dessous sans trop d'efforts, comme quand on utilise normalement son appareil.

Après il ne reste lus qu'à repositionner la barre métallique qui bloque tout ça. Et de remettre le cache noir avec ses 4 petites vis.

On enfile le manchon en métal noir et voilà.

Mise au point sur le grillage à 1m
SEPTIEME ETAPE: Test de mise au point.

Il faut tester l'appareil avant de se lancer dans des photos qui pourraient être importantes. Avoir du film adapté sous la main étant pas forcément la majorité des cas. Souvent on a du film Svema 16mm 64GOST avec. Quand on développe chez soi c'est très pratique, même si le film n'est pas de bonne qualité et que sa sensibilité est très basse. On met un peu de film test dedans, puis on essaye à différentes distances et différentes ouvertures. On note bien. On développe et on scanne puis on regarde la résolution de l'image obtenue.

Il ne faut pas oublier que les images sont censée être au maximum en 9x12cm sur papier. Mais je pense que l'on peut arriver à du 10x15 sans problèmes.

Avant la mise au point (infini, diaphragme à 11)

Après correction de la mise au point (mais lentille encore à l'envers)

Je n'ai pas fini ma pellicule test avec la lentille convergente dans le bon sens (en même temps à 32ISO en janvier...) mais je pense avoir de bon résultats. S'ils ne sont pas comme escompté, je le remettrai avec sa lentille à l'envers.


dimanche 19 janvier 2014

Comment fabriquer son film 127 et 16mm? (Et photos au Kiev 30M)

Beaucoup d'appareils photos sont attrayant et certains sont encore moins cher à cause de leurs pellicules qui ont été arrêtées.  Les appareils qui mangeaient du 127 n'ont presque plus rien à manger. (Il reste chez certains fournisseurs, des 127 redscale de Rollei, sûrement de vieux films couleurs périmés montés à l'envers.) Et pourtant un Baby Rollei ou un Yashica 44 ça coûte encore très cher tellement ils sont bien.



Et certains appareils photos subminiatures comme les Kiev 30, Kiev 30M, Kiev 303, Kiev Vega, Minolta 16 etc... utilisaient des films de 16mm qui ne sont plus produits depuis le début des années 1990 avec la chute de l'URSS. 

Comment faire pour les réutiliser de nos jours?

Alors un calcul simple:

Une pellicule 120 c'est un film de 70-80cm de long pour 64mm de large.
Une pellicule 127 c'est moins long et ça fait 48mm de large.
Un film 110 c'est comme un film de 16mm, ça fait 16mm (Bien vu l'aveugle!)



Du coup 48 + 16 = 64 
Ainsi:
120 = 127 + 16

Les plus malins auront trouvé également que 64 = 4 x 16 donc:

120 = 16 x 4

Comment ça c'est pas vrai? 

Bon c'est bien réjouissant ça mais il faut les couper les films et dans le noir total en plus... Du coup il existe plusieurs méthodes et celle qui aura gagé mon affection pour sa simplicité et sa rapidité est l'utilisation d'un coupe-cigare.



_On se place à 16 mm du bord et on fait des marques au crayon.
_On passe le coupe-cigare autour de la pellicule.
_Dans le noir, on serre au niveau de la marque en tournant dans le sens de l'enroulement.
_On enlève le film obtenu qu'on recharge dans sa cartouche (les appareils 16mm ont des cartouches spécifiques rechargeables, les 127 s'enroulent avec le papier opaque sur un axe de 127.)



Alors plusieurs remarques:

-Mon coupe-cigare est trop petit, je doit retailler le bord de la pellicule 120 et enlever un peu de papier opaque pour le faire glisser à 16mm du bord. (Ca se voit bien sur la photo)

-La découpe ne sera pas parfaite! Le film fera un peu plus ou un peu moins parfois si on ne fait pas attention à la découpe et après c'est galère surtout à mettre en spire au développement!

-Les pellicules 120 ont des informations sur les côtés... ça se voit donc sur les images (pas beaucoup et selon le sens ça tombe dans la marge donc c'est pas dramatique.)

-Les appareils 127 en 4x4 font 16 images, le film 120 peut en donner autant et il y a les marquages au dos calibrés sur 16 images de 4,5cm de large, si vous coupez du bon côté, vous aurez le film avec le papier opaque et les informations tout comme un vrai film 127 (avec quelques millimètres de plus.)

-Une pellicule de 16mm doit faire 45 cm dans les appareils cités, or ici on frise les 80 cm, ce qui m'a donné 41 photos! (Vaut mieux prévoir un peu moins dans le doute.)

-Pour le développement, il va vous falloir un photographe qui accepte bien (c'est ni plus ni moins qu'un film 110 donc ça devrait aller.) Mais faut qu'ils vous rende la cartouche où que vous mettiez le film dans une boîte opaque. (Autant développer soi même.)

-Faire un marquage à 16mm et s'y tenir quand le filn est maintenu par les bords ça se fait. Mais une fois coupé, si on veut faire 3 autre films 16mm c'est super dur, non pas pour se calibrer, ya moyen, mais pour faire une coupe droite. Le film n'est plus retenu des deux côtés et on fait vite une demi ou un double film.) Cette technique est mieux pour faire une 127 et une 16mm en une fois. Ca marche bien.

samedi 28 décembre 2013

Immersion au KGB avec le Kiev-30M

L'article du jour est assez original puisqu'il nous plonge dans l'espionnage soviétique et la miniaturisation. Je vous présente donc un appareil photo "sub-miniature" (eh ouais: plus petit que miniature!), le Kiev 30M [Киев30М] que j'ai testé avec un film d'origine: du Svema 64 [Свема 64] périmé en octobre 1992. 

En achetant le coffret d'origine, j'ai trouvé: 
-La sacoche marron
-Une boîte avec une seconde cartouche rechargeable de film
-Un passe-vue 16mm pour agrandisseurs (qui rentre parfaitement dans mon Durst 301)
-L'appareil (c'est mieux)
-Une demi-spire ce qui servait à développer les films dans les cuves soviétiques différentes des nôtres. 
-La notice, jaunie, qui semble sortie des années 40 mais non elle est de 1990... (Ah ces Soviets!)

L'appareil comme prévu est minuscule! Forcément la miniaturisation était à la mode depuis longtemps et on cherchait comment mettre un appareil dans sa poche voir le faire passer inaperçu. (D'où les termes de "Spy-cameras" qui fleurissent sans que je ne trouve aucune preuves. En même temps faudrait parler russe pour trouver.) Donc on tasse tout et on fait des pelloches plus petites. Et en 1960 apparaît le tout premier appareil photo qui marche sur du film 16mm (fil de cinoche): le Minolta 16. C'est japonais et ils en sont fiers. Mais en temps de guerre froide un brevet on s'en tape alors les soviétique ont pondu le Kiev-Vega, puis le Kiev-30, le Kiev-30M et le Kiev-303, qui se sont "inspirés" du Minolta 16. 
Précisons aussi que l'entreprise Kiev n'a rien de purement soviétique puisqu'il s'agit surtout des entreprises Carl-Zeiss et Zeiss-Ikon que les soviétiques ont "libérés" de la main capitaliste en les ramenant d'Allemagne et les implantant à Kiev...

Une fois ouvert il est comme ça, le point rouge nous sert à savoir qu'il est armé, prêt à prendre une photo.(Tapez "Minolta 16 II" voir comme il est différent!)

Pour ce qui est des réglages c'est facile: deux roues crantées: une pour les vitesses de 1/30ème, 1/60ème et 1/200ème de seconde, et une pour l'ouverture du diaphragme de f/3,5 à f/11. Donc rien de très extraordinaire mais une plage d'utilisation allant de 8EI à 14EI (personne n'utilise les EI? Ca tombe bien moi non plus!)

Pour les stressé du réglage, le livret donne des informations:
Tableau des profondeurs de champs en fonction de l'ouverture de de la mise au point (erreur sur la dernière ligne: c'est 0,5m et pas 15m)
Notons la proximité du sujet réalisable: on peut se rapprocher à 41cm en se réglant sur 0,5m et f/11!

Tableau des expositions (qui semble s'être effondré sur lui-même) avec la sensibilité du film en GOST (16, 32, 64, 130), et les 4 lignes de haut en bas pour éblouissant (plage/neige), ensoleillé, couvert et nuageux.
Si l'appareil est petit, même sans beaucoup de fonctions, ben il a fallu en mettre de tout les côtés, du coup on trouve:
Dessus: la molette de mise au point (à partir de 0,5m) et le déclencheur.
Derrière: le viseur.
Le point rouge correspond à l'hyperfocale: réglage qui va donner un sujet net à l'infini mais aussi plus près (ici je ne sais pas à combien de mètres, mais en se reportant au tableau on remarque qu'à 5m, même à pleine ouverture, l'infini est net.)
Dessous: le compte vue et le numéro de série.
Comment dater un appareil soviétique? Alors chez Arsenal (qui fabrique les Kiev) et chez Lomo, les deux premiers chiffres du numéro de série indique l'année de construction de l'appareil. Mon Kiev 30M est donc de 1990. Mon Smena-8M est de 1981 et mon Lubitel 2... ben ils en ont produit souvent et ont changé cette règle sur certains modèles dont le mien qui commence par 08... Bon la femme qui me l'a vendu l'utilisait dans les années 70 ce qui est normal.

Juillet 1990 (date d'achat)

Quand on l'ouvre, de dessous il ressemble à ça, il faut remettre la barre rouge face au trait rouge manuellement pour remmetre le compte-vue à 0 quand on change de pellicule.
Sur l'appareil, il y a un rabat métallique qui ferme l'endroit où on loge la pellicule qui faut recharger manuellement.


Comment charger son Kiev sub-miniature? Ben c'est très simple: le livret vous le dis!
Bon alors j'explique un peu quand même. Il faut s'armer de film 16mm non-perforé. La partie n°16 est un cylindre en plastoc avec une bague en métal qui fait presque tout le tour (n°17). Il faut coincer le film entre cette bague et le cylindre puis enrouler tout le film dans le compartiment vide. (Le film va du compartiment vide vers le compartiment avec le cylindre quand il est exposé.)

Enfantin non? Ben allez-y je vous regarde! Ca se fait dans le noir, c'est minuscule et surtout, pour décoller la bague il faut être un haltérophile olympique soviétique mais avoir des doigts de fée. (Mais le pire c'est pour le remettre et y inclure le film!)

Bon parlons un peu du film récupéré et testons un peu la chose.
C'est une bobine de 10 mètres de long et de 16mm de large noire et blanche, négative de 64 GOST (64/19° ISO). Il faut charger les pellicules de 45cm de film pour faire 25 images d'après le livret.

Arrière de la boîte qui nous dit (de ce que j'en comprend...)
Pellicule photographique négative noire-et-blanche de 16mm pour appareil-photos fonctionnant en cassettes de films 16mm comme le Kiev-Vega, le Kiev 30 ou le Narciss (Нарцисс). Avec cette bobine, selon la longueur que l'on met dans chaque pellicules en centimètres, on peut faire le nombre correspondant de pellicules dans le tableau.

Donc pour nous qui mettons environ 45cm de film par pellicule ça donne 22 pellicules par rouleaux de 10m. (et j'en ai 2...)

Petite parenthèse! La boîte nous parle des sub-miniatures dont j'ai parlé au début mais d'un autre appareil: le Narciss [Нарцисс]. C'est un appareil important! C'est le premier réflex en 16mm! Avec objectifs interchangeables et tout! C'est beau et c'est la classe mais  pas de chance pour lui il n'a pas fonctionné: pénurie de film perforé en URSS, qualité inutilisable par les professionnels (négatif trop petit), prix trop élevé pour les particuliers et difficulté de trouver les objectifs. Il ne s'en n'est vendu que 10 000! Du coup ils coûtent très très cher aujourd'hui! Par la suite le seul autre appareil du même genre aura été le Pentax Auto 110: le seul reflex en cartouches 110 (c'est du film 16mm dedans.). Il est aussi très recherché! Ce sont des reflex miniature qui donnent de bonnes images mais la résolution du film ne permet pas d'agrandir beaucoup.

Le dessous de la boîte qui nous indique la sensibilité en TOUT! Le temps de développement: 7min (alors dans quoi?), La date de péremption (Oct. 1992) et son prix: 1 rouble 40 kopeks.

Alors la sensibilité diminue avec le temps et je m'en suis servi en 32/16° ISO et j'ai développé 8min24 dans de l'Atomal 49 dilué à 1+1 (Donc 7min.) Mais le résultat est un peu palot, pas top, mais il ne faut pas attendre grand chose de ça. La prochaine fois j'utiliserai une pellicule neuve un peu plus sensible et je vous dirait comment faire ça dans le prochain article. (Non le 16mm non perforé ça n'existe pas neuf.)

Ah ouais pour développer du 110 ou du 16mm il faut une spire adaptée qui est rarissime. Mais le vendeur du coffret la vendait avec: je suis indépendant dans le domaine des mini-formats maintenant!

dimanche 1 décembre 2013

Polaroid périmés

Brève apparition ce soir car avec le temps catastrophique et le soleil quasi inexistant, je n'ai pas pu sortit un objectif, et ce n'est pas faute d'avoir de quoi tester. Du coup, je traîne dans les fonds de tiroirs et je retrouve un appareil instantané plus contemporain: le Polaroid 636 Close-up.

Du noir et blanc? En fait c'était un pack couleur mais tellement bien périmé et stocké en plein soleil sur des brocantes que maintenant les images sont noires et blanches sur un fond orange. Du coup j'ai passé les scans en noir et blanc. Le papier Impossible se rapproche plus ou moins de ça.

Acheté une bouchée de pain il y a quelques mois dans une brocante avec deux packs 600 de 10 vues de Polaroid (donc forcément périmés), il n'y à pas grand chose à dire. (Si ce n'est que 2 euros l'appareil et 3 les deux packs était une offre exceptionnelle!)

Les produits dans les gousses sont étalées sur la photo pour la développer mais je n'en ai pas une où le produit recouvre toute la photo!


Il s'agit d'un Polaroid qui mange des packs 600 donc aujourd'hui disponibles chez Impossible. Il a une fonction "Close-up", une prise de vue rapprochée qui permet une image nette entre 1,20m et 60cm! D'un point de vue fonctionnel c'est vraiment appréciable! 

En mode "close up" ça sort ces deux "bonnettes" en plastique par devant l'objectif et le viseur.

Il a un flash intégré qui utilise la pile qui est intégrée dans le pack de papier 600 donc on ne s'en occupe pas, le flash se charge dès qu'on ouvre l'appareil donc on ne peux pas le laisser ouvert ou autre sinon la pile meurt, et une pile morte, ben c'est un pack mort! (Oui l'appareil ne peux pas marcher de lui même.)
A 21€ le pack Impossible de 8 vue ça serait vraiment dommage non?

Le flash ça marche bien quand même!

Le déclencheur est un gros truc sur le côté qu'on ne peux pas déclencher au hasard. Le viseur est plutôt sympa, le poids de la chose n'est pas si énorme comparé aux autres appareil instantanés. 

Ca, ça n'existe plus! 
En gros il est vraiment sympa, moche, mais pratique puisqu'on peut l'utiliser de jour comme de nuit grâce au flash, on peut faire des photos nettes à partir de 60cm et comme tout les Polaroids, il choisit directement l'exposition et programme l'ouverture et la vitesse sans aucune interventions si ce n'est le réglage de l'exposition qu'on peut assombrir ou éclaircir si le cœur nous en dit, s'il fait froid (il faut sur-exposer le film donc "éclaircir") ou si le film est vieux (il faut "éclaircir" aussi.)

Sérieux c'est pas trop bien? :D

mardi 13 août 2013

Présentation + Smena 8M

Bienvenue sur Kamerafabrik, un blog qui aborde la photographie argentique sous tout les angles: présentations d'appareils, des types de pellicules, fonctionnement, développement, tirage, mais surtout, des photos!

Mon domaine de prédilection, c'est le rétro, les appareils bien vieillots qui dorment depuis des années dans des cartons et que je rachète pour une bouchée de pains dans les brocantes et autres. Ces objets ont une histoire, et elle n'est pas finie! Je les fais revivre (quand j'y arrive...) et je joue avec. Touts les formats, quasi uniquement du noir et blanc, tout est fait maison.

Pour donner un aperçu, je vais vous montrer un appareil un peu spécial, c'est celui avec lequel j'ai décider de me lancer dans la photo argentique. Une bestiole bourrée d'histoire et tout comme je les aimes: le Smena 8M (Смена 8М) de la marque soviétique Lomo (Ломо) produit du début des années 1970 à 1993.


Je l'ai acheté via internet, en Russie, c'est un appareil d'URSS très commun, un entrée de gamme tout en plastique et en aluminium. Les soviétiques ont pu enfin avoir accès à la photo en loisir avec un appareil bon marché. Il a dû rentre plus d'un soviétique heureux! Il a dû aussi passer sacrément longtemps dans une grange car l'odeur a eu du mal à partir ainsi que les morceaux de terre. Il fonctionne avec les pellicules qu'on a tous connu et qui restent le format majeur: les pellicules 135.

Je l'aime pour quelque chose de particulier: il est entièrement manuel! Quoi de mieux pour apprendre que de se jeter à corps perdu avec quelque chose d'entièrement manuel? Il faut donc choisir parmi plusieurs paramètres.
  • L'OUVERTURE DU DIAPHRAGME
De f/4 à f/16 ce n'est pas très étendu, mais on nous aide, pour que cela concorde avec les symboles des vitesses, chaque ouverture est associée à une sensibilité de pellicule selon les 3 systèmes de mesures de l'époque: les mesures russes GOST, américaines ASA et allemandes DIN. Les GOST et ASA étant assez proches pour les associer. (mais j'expliquerai la sensibilité un autre jour)
On a donc:
_f/4 pour une pellicule de sensibilité 16 ISO
_f/5,6 pour 32 ISO
_f/8 pour 64 ISO
_f/11 pour 125 ISO
_f/16 pour 250 ISO


  • LA VITESSE
Ici c'est plus instinctif puisque le temps se mesure en seconde partout, du coup on a le choix entre:
(Symboles sur le dessus de l'objectif)
 
1/250ème de seconde pour le fort soleil (illustré par un petit soleil)
1/125ème de seconde pour un soleil faible (illustré par un petit soleil rayé, pourquoi? Parce que!)
1/60ème de seconde pour un temps mitigé (illustré par un nuage rayé, un nuage qui apparaît! Peut-être...)
1/30ème de seconde pour un temps nuageux (illustré par un petit nuage. Là je comprend.)
1/15ème de seconde pour un temps sombre, pluvieux, (illustré par un petit nuage et deux petites gouttes)
B, (sans symbole parce que pas de la même race elle est discriminée) la pose B qui reste ouverte tant qu'on appuie dessus et qui permet de prendre des poses longues ou de nuit.


(La signification des symboles sur le côté de l'objectif)

Évidemment rien ne nous empêche d'avoir une pellicule de 125 ISO et d'ouvrir le diaphragme à f/16, mais à ce compte là on doit se débrouiller, car les symboles des vitesses correspondent aux couplage entre la vitesse, l'ouverture et la sensibilité de la pellicule pour permettre un négatif correctement exposé.


  • LA MISE AU POINT
La mise au point est la distance entre l'appareil et le sujet. Si elle n'est pas correcte le sujet sera flou. Il faut donc estimer comme on peut mais suivant l'ouverture on a une marge d'erreur donc ce n'est pas si dur. Mais quand même! Parce que va savoir si le pot de fleur est plutôt à 1,20m ou 1m50! Sur l'objectif la différence est grande mais à l’œil nu... bon alors perso j'essaie de m'imaginer allongé voir si ça passe, ou je compte en amis, celui là fait 1m90, il passe là? hum... Ou alors combien de fois je peux y mettre ma... bref on verra ça une autre fois plus en détail! (La mise au point!)

Ici on est aidé par des petits symboles encore:


1m: une femme avec une mis-en-plis pour un portrait
Entre 1,20 et 1,50m :un bonhomme et sa femme pour deux personnes de près. (Notons le gabarit de l'Homo Sovieticus, son chapeau et sa belle moustache stalinienne.)
A un peu moins de 4m: 3 personnages... (Sérieux? Ça fais pas un peu mafia russe ou KGB soviétique ce bonhomme taillé comme une armoire à glace, en costard avec ses deux petites femmes en jupes à côté? Ah le veinard!)


Aux alentours de 15m: Un bâtiment et deux arbres (ou une pile de pancakes et deux sucettes.)

Une fois tout cela réglé (en somme la distance et la météo), on peut armer le déclencheur et déclencher. Attention! Chose exaspérante! le levier d'armement est là où on met naturellement sa mimine (du moins quand on est normalement constitué, ce qui ne concerna donc pas beaucoup de personnes de l'ouest de l'URSS après le janvier 1987*), du coup quand on déclenche, il veut revenir à sa place et BOUM! Il est stoppé sur votre doigt. Entre temps l'objectif est encore ouvert, la photo est floue vu que vous avez bougé pour enlever votre doigt et surtout le négatif est tout noir parce que l'objectif est resté ouvert beaucoup trop longtemps,laissant des flots et des flots de lumière venir bruler les grains d'argents de votre pellicule qui étaient pourtant de gentilles personnes pieuses et calmes que vous venez de brûler vives pour une "bêtise" de votre part! Assassin! C'est à refaire.
(*Neuf mois après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986, soit une gestation humaine après, c'est à dire que je fais allusion aux bébés difformes qui ont eu le droit à des salves de radiations mutagènes pendant leur vie in-utéro. Capisce?)

Notons qu'il est possible de faire autant de sur-impressions que possibles avec car on peut réarmer quand on veut (ce qui peut être gênant), mais au pire il suffit d'avancer la molette d'avance du film, elle se bloque tant que le déclencheur n'a pas servi au moins une fois, donc si on peut avancer: une photo à déjà été prise avant.

Une fois la pellicule finie, on reste appuyé sur le déclencheur, on sort la molette grise sur le dessus et on tourne pour faire rentrer tout le film dans la pelloche. Après ça on peut ouvrir et prendre sa pellicule. Mais chose récurrente chez le Smena 8M: l'amorce de la pellicule ne rentre pas dans le petit axe rotatif où il doit se coincer quand on charge la pellicule, il faut donc le scotcher (et mettre la molette qui compte les vues sur 0!), et enlever le scotch à la fin puis finir de rentrer tout le film dans la cartouche.

La molette qui compte!

Pfffiou! Pour un premier article j'ai pas pris le plus facile à décrire! Mais tout est presque dit. Alors pour continuer, voyons désormais les clichés que l'on peut faire avec.

J'étais tellement scrupuleux au début que je notais tout les détails dans un carnet histoire de voir les problèmes possibles... c'était très chiant mais du coup je peux relater les réglages précis.

Nous sommes le 13 janvier 2013, un dimanche, il y a un brouillard à couper au couteau et la rumeur dit que les va-et-viens suspects de la police la veille serait suite à la découverte d'une femme du village retrouvée brûlée vive dans le champs d'un paysan par là. Je n'ai rien trouvé mais je me suis retrouvé au milieu de ces moutons dont un ne me voulait pas trop parmi eux.
(Ilford HP5+ 400/27° ISO périmée en juin 2007, f/16s, 1/30, +10m, vu le temps et les réglages il est miraculeux que j'ai réussi à tirer qqchose du négatif.)
13 janvier toujours, je décide de descendre de ma montagne pour allers aux anciens entrepôts désaffectés de Sainte Marguerite (ouais l'eau qui pique).
 
(Ilford HP5+ 400/27° ISO périmée en juin 2007, f/16, 1/15, +10m)



20 janvier 2013, je ballade mes deux chiens dans la forêt avec le peu de neige qu'il est tombé. Une légère infiltration de lumière éclaire vers la gauche de la photo.
 
(Ilford FP4+ 125/22°ISO périmée en mai 2007, f/10, 1/60s, 4m)



29mars 2013, bref retour du soleil au milieu de ce qui sera un hiver interminable. Je promène les chiens le dimanche pour fuir mes obligations scolaires et décide de prendre ce mur gallo-romain.
(Ilford HP5+ 125/22°ISO périmée en mai 2007, f/10, 1/60s, infini)
 29 mars 2013 toujours, au cours de notre balade le temps se grise et j'avance sur des pentes boueuses glissantes avec parfois des flaques plus proches d'un étang que d'une flaque pour le plus grand bonheur des chiens.
Ilford FP4+ 125ISO périmée en mai 2007, f/10, 1/30s, infini, +filtre orange

 Conclusion: l'objectif du Smena 8M (Un T-43 de 40mm qui ouvre jusqu'à f/4, de marque Lomo), ce n'est pas une optique de qualité, avec un diaphragme à 3 lamelles, on est pas là pour faire du grand art en grand format. On reste dans la cour des petites photos cacas mais fonctionnelles. (En même temps ces tirages sont mes premiers donc il y a moyens de voir mieux!)
ACCESSOIRES

On veut jouer au soviétique moyen et s'amuser avec Smena 8M? Pourquoi ne pas jouer au soviétique moyen passionné et acquérir des accessoires avec?


  • LE TÉLÉMÈTRE



C'est la première chose que j'ai acheté: un télémètre, dans d'autres termes, le machin qui mesure la distance. Quand on a pas le compas dans l’œil c'est bien pratique! (Ouais c'est bien pratique de ne pas avoir de compas dans l’œil...) Il suffit de l'accrocher sur l'appareil, de regarder par le petit trou et de faire bouger la molette qui par un jeu de miroir permet de faire coïncider l'image avec elle même (l'image est dédoublée dans l'appareil... pas facile à expliquer.) En tout cas c'est simple comme bonjour.


Produit spécialement pour cet appareil, le télémètre Blik (Блик) a le même style du coup: c'est la grande classe!(Mais si je vous assure!)


  • LES FILTRES

D'ordinaire on trouve des filtres pour les objectifs amovibles des réflex, tous identiques il suffit juste de choisir la diamètre de l'objectif. Ici, même si ce n'est qu'un appareil compact, on a des filtres spécifiques disponible pour modifier les contrastes en noir et blanc notamment. Un vendeur ukrainien m'a un peu forcé la main et j'ai un filtre orange et un vert clair qui assombrisse 1,4x. Pas forcément utile ni très flagrant sur le négatif, ils ne sont pas évidents à trouver, se vendent assez bien et peuvent être très chers.


  • LA BONNETTE MACRO

Quoi de la macro avec cette connerie?! Non pas exactement, officiellement, c'est de la proxiphotographie (gneeeuuuuu....) qui permet par ajout d'un verre bombé (une bonnette) d'avoir une mise au point modifiée (après avoir convertit toutes les distance on arrive à un objectif ayant une mise au point allant de 41,6cm (grossissement par 2,4x) en réglant la mise au point sur 1m, et jusqu'à 71,6cm et un grossissement de 1,4x en réglant sur l'infini.
Le problème est la mesure! Elle doit être précise or aucun télémètre ne descend à moins de 90cm, du coup, je me suis fait une ravissante cordelette avec des échelons et la distance à régler sur l'objectif... pas très pratique mais ça peut être drôle!
Cette bonnette est assez rare et évidemment peut devenir chère. Et vu que le calcul des mises au point est difficile (enfin plutôt long), je vous met le tableau de ma propre confection avec les distances repères sur l'objectif. (Merci qui?)

Distance (en cm):_________________41,6  44,8  48,4  52,6  55,5  57,7  60,0  65,0  71,6
Delta (coefficient de grossissement):2,4    2,2    2      1,9    1,8   1,7   1,65   1,5   1,4
Mise au point sur l'objectif (en m):    1     1.20  1.5      2     2.5    3       4       8   infini

 
Ma petite cordelette/télémètre à scotcher précisément sous l'appareil!



On peut aussi tout accumuler pour le fun mais à part pour augmenter le contraste d'un feuillage dans le brouillard en proxi et avec un bon éclairage... c'est limité comme utilisation.

  • LE FLASH
Le Smena 8 n'est pas adapté à recevoir directement un flash. Il a ce que l'on appelle une griffe "cold shoe", une griffe qui ne sert qu'à tenir l'objet, pas à lui dire ce qu'il doit faire (en opposition avec les griffes "hot shoe".), il faut donc un câble spécial, un syncronizer PC qu'on banche sur l'objectif. L'avantage est que contrairement aux autres appareils, le flash déclenche à toutes les vitesses. Il n'y a pas de flash spécial pour lui, tous conviennent, comme les télémètres par ailleurs.
Attention à ce que le câble ne passe pas devant l'objectif...
 LA SACOCHE 
Que dire? Une sacoche en cuir noir à laquelle l'appareil reste fixé par le bas.

LE SMENA 8M EN COULEUR?
Certains auront trouvé un appareil identique mais tout beau plein de couleur et affreusement cher, portant pourtant le même nom et la même marque.
Difficile d'imaginer les autorités communistes des années 70 promouvoir un appareils en plastique rose...

Effectivement ce n'est pas d'origine! Il s'agit de la firme Lomography (Pas Lomo!!! même s'ils se sont nommés d'après eux...) qui à racheté des brevets de vieux appareils pour les refaire à leur sauce et les vendre à prix d'or en garantissant un produit à la mode mais beau, propre et neuf. Cette entreprise reste une bonne pompe à fric.